| Ombre
| [aide de jeu] La Voie de l'Humanité | | L’Humanité (ou Humanitas)
La lutte que livre chaque vampire contre sa Bête intérieure est un thème central du jeu. La Bête intérieure est la personnification de la nature prédatrice du vampire. Elle lui impose un désir (du sang), des peurs (du feu, de la lumière du soleil) et une conduite agressive et paranoïaque dont l’intensité augmente souvent avec l’âge. Ce n’est qu’en s’accrochant à une éthique particulière, un code moral, que le vampire peut résister à la chute inexorable vers une dépravation qui le mène finalement à l’autodestruction.
Depuis sa Fondation (1450), la Camarilla privilégie l’éthique chrétienne comme seule apte à permettre à un Semblable de contrôler les désirs monstrueux que lui imposent sa Bête intérieure. C’est la Voie de l’Humanité (ou Via Humanitatis). Ce code de conduite condamne la cruauté et la perversion. Donner la mort n’est tolérable qu’en cas d’extrême nécessité. Le respect de l’autre est primordial. Le bien être des mortels comme de ses Semblables est important. En bref, traite autrui comme tu aimerais qu’il te traite.
Après son Etreinte, l’Infant est instruit dans les Usages, les Traditions mais également la Voie de la Camarilla, qui est celle de l’Humanité. Concernant cette dernière, il peut être selon ses prédispositions un élève plus ou moins doué (de même que son Sire ou son Mentor ne sont pas forcément des modèles d’Humanité pour lui). Cependant, la majorité des Infants s’accrochent naturellement aux souvenirs de leur existence mortelle, cherchant à réconcilier leur conscience avec leur nouvelle nature.
Mais les usages vicieux de la société caïnite prélèvent leur « tribut moral » dans l’humanité des Semblables. La nature prédatrice du vampire le pousse également à commettre des actes terribles, parfois aveuglé par la frénésie. Une forte volonté est tout ce qui peut permettre à un vampire de conserver les derniers lambeaux d’humanité. Car les siècles de vie dans le Monde des Ténèbres érodent toute morale humaine. C’est pour cette raison que certains vampires adoptent une autre éthique plus adaptée à leur nature, mais pas forcément plus efficace. Au bout du compte, la plupart des vampires échouent à conserver une éthique quelconque et finissent par sombrer dans la danse macabre de la frénésie et du massacre jusqu’à ce qu’ils soient abattus comme des chiens enragés par leurs propres Semblables.
Au fur et à mesure qu’il perd son humanité, son aspect devient de plus en plus cadavérique. Il se conforme de plus en plus à sa nature vampirique : dormant profondément durant la journée, sombrant parfois en torpeur, lassé par son existence, ayant de plus en plus de mal à considérer les mortels comme autre chose que des proies. Il a de plus en plus faim, de plus en plus peur et il devient de plus en plus agressif et paranoïaque.
L’Humanité est une caractéristique qui va de zéro à dix. Elle reflète tout ce qui reste d’humain dans le Vampire, sa compassion, son sens moral, son courage... Elle est surtout utile pour évaluer l’évolution psychologique et morale d’un Caïnite. En règle générale plus un Caïnite est vieux et moins son score d’Humanité est élevée. Voici une brève évaluation des différents niveaux d’Humanité :
Humanité de 10 à 8 :
Les Caïnites avec un tel score d’Humanité sont, ironiquement, plus humains que la majorité des mortels. De tels Vampires refusent de prendre la moindre vie, que ce soit pour se nourrir ou même se défendre ; ils ont un grand sens moral et un code de conduite très strict.
Humanité de 7 :
La grande majorité des mortels ont un tel score en Humanité. Les Caïnites de ce niveau peuvent facilement passer pour des humains eux aussi. Ils adhèrent aux codes sociaux en vigueur (il ne faut pas tuer ou voler autrui…) mais parfois des exceptions sont nécessaires. Le Vampire se soucie toujours d’autrui mais commence à ressentir un certain égoïsme.
Humanité de 6 ou 5 :
De tels Vampires sont juste sous la barre des normes humaines et acceptent aisément le fait de devoir boire du Sang pour survivre (et de devoir faire ce qu’il faut pour trouver cette Vitae). Le concept de destinée leur permet aisément de justifier certaines de leurs actions. Les Vampires à ce niveau commencent à développer une aura d’étrangeté qui les dissocie des mortels. Leur attitude de laisser-aller offense grandement les personnages plus moraux.
Humanité de 4 :
La longue chute vers la dégénérescence a commencé. Pour de tels Vampires le fait de tuer est parfaitement acceptable aussi longtemps que la victime mérite de mourir (évaluation purement subjective). La destruction, le vol et la violence ne sont plus des tabous mais des outils. L’égotisme du personnage atteint de nouveaux sommets. De plus le Caïnite commence à prendre un teint cadavérique.
Humanité de 3 ou 2 :
Autrui n’est plus un souci pour ce genre de Caïnites ; tout juste une source d’amusement ou de nourriture. Le Vampire se replie sur lui-même et poursuit sa propre recherche du plaisir (surtout si elle nécessite violence, torture, mutilation et autres atrocités). La damnation éternelle est maintenant chose acquise et le Vampire ne peut qu’essayer de se faire passer pour humain (avec beaucoup de chance). Il ne tire plus aucune subsistance du sang animal et doit se nourrir obligatoirement sur des humains (ou Consanguinei).
Humanité de 1 :
Ces Vampires sont au bord du gouffre, prêts à tomber dans le Néant à tout moment. Plus rien n’est important pour de tels Caïnites (pas même se sustenter ou survivre). Il ne reste que des fragments d’égo et plus rien n’est impossible pour eux. Ils perdent souvent la faculté de communiquer normalement et passent leurs nuits à crier dans leur havre recouvert d’entrailles et de sang. Seul le Sang vampirique lui permet maintenant de se nourrir de façon convenable, tout le reste étant beaucoup trop faible ou dilué pour lui.
Humanité de 0 :
Ils n’ont plus rien d’humain et leur force directrice se résume en trois points : doit boire, doit tuer, doit dormir. Ces Vampires sont en Frénésie permanente et même leur apparence physique est complètement bestiale. Leurs jours sont comptés… |