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Judas Priest
Painkiller -1990
Heavy Metal


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Judas Priest (Painkiller -1990, Heavy Metal) : Fiche / Article de la section Chroniques d'albums, crée sur le forum Musique (Artistes, chansons, groupes et lives : Informations et discussions sur les courants et les genres musicaux, leurs auteurs, artistes et interprètes...)

 
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 Judas Priest
 Titre : Painkiller -1990
 Genre : Heavy Metal
 
 Catégorie : Chroniques d'albums
 Rédaction : Deadkal (07/07/2006)



Judas Priest - Painkiller

Style: Heavy Metal
Sortie: 1990


Titres:

  • Painkiller
  • Hell Patrol
  • All Guns Blazing
  • Leather Rebel
  • Metal Meltdown
  • Night Crawler
  • Between The Hammer and The Anvil
  • A Touch of Evil
  • Battle Hymn
  • One Shot At Glory
Line-up:
Rob Halford
Glenn tipton
K.K Downing
Ian Hill
Scott Travis

Chronique:

Le Prêtre durcit le ton : retour sur la controverse Painkiller. Painkiller est sans doute l’album qui divise le plus les fans du groupe. Certains lui reprocheront son approche « thrashisante » et la perte d’identité du Prêtre, d’autres sa démarche hésitante entre un heavy somme toute assez classique et un son purement moderne. Il reste que de nombreux fans sont restés fidèles au groupe et de nouvelles hordes fanatiques se sont ralliées depuis à cet album « ultime » du Prêtre, véritable bible heavy. Le débat éclatait donc entre ceux qui semblaient s’offusquer d’une mise au pas de l’aspect rock’n’roll, forcé de s’incliner face au rouleau compresseur speed/thrash et tels des visionnaires voyaient le groupe aller droit dans le mur ; et ceux qui estimaient cette « réforme » nécessaire dans la tourmente que subissait le hard de la fin des années 80, seul rempart efficace pour contrer les effluves « néfastes » du grunge et considérant Painkiller comme le summum d’un style, comme la vision prophétique du style à venir. Aux emphases des uns répond donc l’indifférence voire le dégoût des autres envers un groupe qui ne serait plus celui qu’ils avaient connu jusque là, envers un groupe qui ne serait devenu que l’ombre « clichesque » (sic.) d’un style qu’il avait contribué à fonder.

Le groupe commença sa carrière dans les années 70 (formation en 1969)en puisant fortement dans le hard de cette époque, il débutait les années 80 en imposant sa présence avec un heavy créatif qui devait par la suite se généraliser. Après un passage à vide dans le milieu de la décennie il se devait de se surpasser pour entamer les années 90 avec un nouveau souffle qui ne renierait pas son passé. Pour cela, le groupe s’adjoint les services du producteur Chris Tsangarides qui donnera cette tonalité plus sombre, plus froide et plus heavy au son du groupe. Pour parfaire la tâche, le batteur Dave Holland est remplacé par le jeune Scott Travis, formidable artilleur de la double. Tout était donc réuni pour insuffler une nouvelle dynamique au style du groupe.

Décalogue d’un style annoncé. Analyser cet album de manière manichéenne, opposant artificiellement le vieux Priest et le nouveau ne rendrait pas compte de la réalité plus complexe de la composition de cet opus. Opposons, proposons plutôt, face à ce dualisme simplificateur, une vision médiane. Certes, Painkiller accélère et alourdit le rythme, cette évolution n’en était pas moins amorcée dès le précédent album Ram It Down avec l’énergique « Ram It Down », l’agressif « Hard As Iron » et le sombre « Monsters Of Rock ». JP avait essayé de se réconcilier son public après l’album en demi-teinte Turbo (en ce qui me concerne cet album est correct), infléchissant vers un style plus heavy et speed renouant avec les heures passées du groupe. En cela Painkiller et ses dix titres n’en est que l’évolution logique, certes plus brutale, mais tout aussi mélodique. Je ne pense pas qu’on puisse faire de Painkiller un album à part, détaché totalement du reste de la discographie du groupe. « Leather Rebel », « A Touch Of Evil », « Nightcrawler » et « One Shot At Glory » sont bien les fils légitimes des « Breaking The Law », « Screaming For Vengeance », « The Sentinel » et autres.

La complainte du messie. L’envoyé, le prophète missionné par les Metal gods pour rétablir la véritable foi devait à nouveau sévir. En fidèles défenseurs du style heavy, le groupe n’avait cesse de combattre pour le défendre (Defenders Of The Faith), le painkiller n’était en cela que le pendant, l’exécutant de l’ange déchu de Sad Wings Of Destiny. La boucle était-elle bouclée ? Presque. Il restait à prouver que le groupe n’avait rien perdu de ses capacités de faiseur d’hymnes, d’inquisiteur musical. Et là le contrat est totalement rempli. Le concept musical de l’album est simple et se résume à la conjonction de guitares incandescentes, de riffs lestés, de voix aigus et d’une batterie qui organise le cyclone : le credo quoi ! Une recette somme toute commune à de nombreux groupes officiant dans le style mais le secret de la puissance kérosène de cet album réside bien au-delà, dans l’aptitude du groupe à marier mélodie et tempo frénétique, dans ses dispositions pour la confection de pépites telluriques.

Le chant, tout d’abord, est époustouflant de maîtrise. Impérial, Rob Halford dirige cette cavalcade apocalyptique poussant les aigus à un niveau rarement atteint par le groupe, sauf sur « Screaming For Vengeance », « Ripper », « Heavy Metal » ou autres « Freewheel Burning ». On est loin cependant de la caricature du castrat mise en accusation par certains. Rob varie les plaisirs (sévices ?) si je puis dire : les aigus, loin d’être plats, servent souvent la virulence des titres et se mêlent très bien au magma sonique ambiant ; les graves, n’étant pas délaissés pour autant, soutiennent le plus souvent les refrains. Ces derniers sont admirablement bien travaillés. On délecte les chœurs du mélodique « Hell Patrol », les harmonies vocales de « Painkiller », les rugissements hystériques au milieu du titre « Metal Meltdown », le refrain guerrier de « One Shot At Glory », le final haut perché de « Between The Hammer And The Anvil », les susurrations à la fin de « Nightcrawler » et le tonitruant « All Guns Blazing ». Rob roule les « r » comme personne. Véritable baron vocal (en particulier sur « Leather Rebel » l’un de mes titres préférés), il sème une atmosphère électrique sur tous les morceaux en transportant l’auditeur en pleine épopée dramatique du seul son de sa voix d’ange déchu. Son immaculé larynx déverse son flot d’émotions ( cf. la montée en puissance sur le chorus de « Nightcrawler », les envolées aiguës de « A Touch Of Evil », le final en apothéose de « Painkiller » et de « Metal Meltdown », les poussées d’adrénaline sur « One Shot At Glory », « Hell Patrol »…). En un mot, il allie grâce, puissance et performance.

La rythmique tient le haut du pavé sur cette galette. Travis martèle à tout va, montrant une habilité technique certaine, ouvrant l’album sur une rythmique d’enfer à la double (« Painkiller »), laissant reposer le tempo par moment (« A Touch Of Evil »), forçant héroïquement la frappe sur d’autres (« One Shot At Glory »)…de quoi ravir tous les auditeurs d’heavy traditionnel. Il joue parfaitement son rôle de machine véloce et…froide. C’est là que le bas blesse. Son jeu homogénéise l’ensemble de l’album. Oui, le groupe aux sept batteurs (peut être plus, peut être moins) ne s’était pas vraiment soucié plus que cela de cet aspect auparavant, mais à l’écoute de certains albums comme Screaming For Vengeance et surtout Point Of Entry on est surpris a posteriori du jeu plus humain et chaleureux de Dave Holland. Le « problème » réside bien dans la rythmique et le jeu discret, bien qu’efficace dans son rôle, de la basse de Ian Hill n’y remédie pas. Malgré ces réserves, il faut bien avouer que ce jeu de la rythmique participe amplement à la magie de l’album. Difficile d’imaginer en effet ce disque joué autrement, sans ce côté martial.

Cela devait être heureusement plus que compensé par la qualité du jeu des guitares. On a droit à un véritable étalage de talent. Les guitaristes s’écartèlent les doigts et deviennent les champions du riff de plomb et du solo chromé. Tipton est d’attaque sur la plupart des titres, scieur de mélodies, cisaillant ses solos, dégoupillant des tornades soniques, ainsi sur l’intro dantesque de « Metal Meltdown » et ses descentes de manche à la Malmsteen (shred comme sur « Heavy Metal » sur l’album Ram It Down). On ne peut que pleurer devant les solos du titre-phare « Painkiller », véritable cheval de bataille scénique. Downing n’est pas en reste et les deux guitaristes s’adonnent à leur passion favorite : les duels de guitares. Véritables affrontements stéréophoniques, tornades de riffs acidulés aux guitares hélicoïdales comme sur les sulfureux « All Guns Blazing », « Metal Meltodown » et « Between The Hammer And The Anvil » en particulier. Tout est pensé et réfléchi. Les guitares dialoguent avec le chant (« All Guns Blazing »), ricochent entre les planètes et ne s’assagissent un moment, sur le valsant « Battle Hymn », que pour mieux nous ensorceler.

Les parties de claviers, jouées par Don Airey (ex-Malmsteen, Deep Purple), sont discrètes (il faut dire que ce n’est pas vraiment dans le style du groupe) et se signalent surtout dans le titre « A Touch Of Evil ». Vous entendrez aussi moult effets, bruits d’orage, vent, cloche …dans la plus pure tradition Manowar (appeler un titre « Battle Hymn » n’est-ce pas un clin d’œil au groupe américain qui sévit depuis 1982. Ha, ce Deadkal, il voit de Manowar de partout).

Arrêtons là les description vaines… Je ne dirais qu’une chose : nombreux sont ceux qui ont écouté cet album mais combien y’en a t-il vraiment qui l’aient entendu. Ce n’est certes pas le meilleur album de Judas Priest, ce qui explique en partie ma note, mais il est de ces événements sur lesquels on ne peut passer, un disque qui continue de hanter les esprits. Vous vous êtes admiré devant la glace pendant des années en écoutant « Victim Of Fate », vous vous êtes escrimé à chantonner « Heavy Metal » dans votre formidable tenue sado maso, vous vous plairez désormais à enfourcher votre fidèle destrier motorisé et à crier dans la nuit « He…is…the…painkiller… ». Painkiller plus qu’un album, un catéchisme metal à lui tout seul, de l’hydromel pour raviver l’ardeur des troupes, du heavy dopé au plutonium pour faire chier votre voisine !!

Note générale: 9/10.



Liens Clips:

Painkiller


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07/07/2006, 20h19 #2
Khayman 
Pégase

Khayman

Re : [ALBUM] Judas Priest - Painkiller

Là respect, tu décris parfaitement l'essence (prête à tout faire pêter) de ce Painkiller.
Khayman est déconnecté(e)

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