- Photo obsession -
Affiche française
Sortie :- USA : 13 Janvier 2002 (Festival du Film de Sundance)
- France : 2 Septembre 2002 (Festival du Film de Dauville)
- France : 18 Septembre 2002
Titre américain : One hour photo
Genre : Drame - Thriller
Réalisateur : Mark Romanek
Scénario : Mark Romanek
Producteur : Christine Vachon, Pamela Koffler, Stan Wlodkowski
Fox Searchlight Pictures
Durée : 1h38
Casting :- Robin Williams - Sy Parrish
- Connie Nielsen - Nina Yorkin
- Michael Vartan - Will Yorkin
- Dylan Smith - Jake Yorkin
- Erin Daniels - Maya Burson
- Paul H. Kim - Yoshi Araki (Paul Hansen Kim)
- Lee Garlington – La serveuse
- Marion Calvert - Mme. Von Unwerth
- David Moreland - Mr. Siskind
- Dave Engfer - Sav-Mart Clerk
- Eriq La Salle - Detective James Van Der Zee
- Clark Gregg - Detective Paul Outerbridge
Liens vers le site officiel :
Sortie DVD Zone 2 : Le 19 Mars 2003
Informations diverses :
Anecdote amusante (enfin, tout dépend de ce qui vous amuse) : Parrish était aussi le nom de famille du personnage incarné par Robin Williams dans Jumanji, en 1995 (Alan Parrish).
One hour photo a reçu 3 récompenses à Deauville, en 2002, et beaucoup d'autres nominations et récompenses, dont la Saturn pour la meilleure interprétation masculine (Robin Williams).
Pour la préparation de son rôle, Robin Williams a passé 2 jours et demi dans un labo de développement photo.
Plusieurs éléments du film ont été emprunté à The Conversation, un film de 1974 écrit et dirigé par Francis Ford Coppola.
Résumé :
Sy Parrish est passioné de photo. Il y a même consacré sa vie puisqu'il travaille dans un labo photo, le genre qui développe votre pellicule en une heure, à l'entrée de votre grande surface.
Il n'a pas beaucoup d'amis, et vis par les photos qu'il voit défiler toute la journée. Sy est perfectionniste, très minutieux, renfermé et assez timide. Il connait ainsi intimement chaque famille qui vient lui déposer ses pellicules, ses loisirs, ses vacances, ses amis...
Un jour, un évènement vient déranger ce quotidien qu'il s'était créé...
La réalisation :
Dès les premières secondes, on sent cette notion de
décalage qui va nous coller à la peau durant la prochaine heure et demi. Le fait que le film commence par la fin, combiné par le décalage des propos de Sy nous plonge dans son obsession, cassant le lien avec la réalité du monde.
Néanmoins, on note un certain réalisme dans la narration, une pertinence dans ses propos, une lucidité qui font que l'on s'attache à son mode de pensée.
Les longs moments, pesants, se rajoutent à ce décalage, mot d'ordre de cette histoire. Ils marquent une rupture avec l'espace-temps, rappelant ainsi la rupture entre la réalité, et le monde construit de Sy.
Pensez à bien remarquer, contempler, admirer les moindres faits et gestes du personnage, remplis de minutie, de maniaquerie, qui vont au delà de la normalité.
Les 2 maisons (celle de la famille, et l'appartement de Sy) sont elles aussi en total contraste. Alors que tout s'agite chez les Yorkin, l'univers de Sy est composé de moments calmes, posés, sans communication, sans dispute. La seule notion de vie de famille qu'il s'instaure, sont ces moments volés à la télévision, où on note une mise en abime de la vie qu'il rêve d'avoir, même si elle n'est pas parfaite...
Tout au long du film, on prend conscience, grace aux cadrages, aux prises de vues, aux alternatives plans rapprochés/plans larges du décalage entre Sy et le reste du monde, comme s'il se contentait d'être une pièce rapportée, collée par dessus le reste, ou plutôt par dessous.
Il n'y a pas de fluidité entre les plans. Les transitions sont violentes, rappelant celles de Sy avec son environnement je suppose, lorsqu'il prend conscience de certains faits.
Petite interprétation personnelle sur une scène :
Mon avis :
Robin Williams sublime.
Rien que sa prestation vaut le détour. Il est, à son habitude, exceptionnel, proche de son personnage, s'accapare tous les détails du caractère de cet homme, développeur de photos.
Mais le film y fait pour beaucoup. Drame émouvant, psychologique qui nous plonge dans l'univers de la passion, intense, et dans le monde de la solitude, poignant. Ce film est personnel, avec une atmosphère intrigante et distante et en même temps familère, qui nous permet de nous rapprocher de l'individu, et de son quotidien. Proximité donc magnifiquement gérée par Mark Romanek.
La plus grande peine de ce personnage, est la rupture avec son quotidien, SA normalité. De plus, il rentre dans une colère folle lorsqu'il n'arrive pas à comprendre pourquoi les gens ne fonctionnennt pas comme lui.
L'histoire est bien sur flippante, mais sait nous rassurer en nous montrant 'l'envers du décor', comme les coulisses d'un spectacle. On nous fait rentrer dans la vie du "méchant" et pour une fois, on ne regarde pas le film, on le vit.