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08/05/2007, 10h42 | #1 | | Dieu
| De l'effondrement du syndicalisme | | Alors suite à une demande de Glorf, je reposte ça ici pour lancer une discution sur ce thème
C'est un processus complexe qui a plusieurs raisons, dont certaines que tu as énoncées Chani mais qui sont loin de suffire.
Un élément clef de la compréhension de ce processus est l’apparition des nouveaux mouvements sociaux (qu’on appellera NMS pour simplifier).
Que sont-ils ces NMS : des mouvements portants sur des revendications qualitatives et non plus quantitatives de la vie, ainsi que sur des aspects identitaires.
Grosso modo avant on avait des conflits ouvriers ou plus généralement salariaux portant sur les salaires, les retraites etc… maintenant on as des confits sur le féminisme, contre l’homophobie, pour la défense de la nature, pour la régularisation des sans papiers etc…
Encore faut-il expliquer ce changement et son lien avec les syndicats.
Je commencerais par les trentes glorieuses. Elles furent une période de haute croissance qui bénéficiait aux salariés. Les salaires augmentant la consommation c’est trouvée modifiée selon la loi des 3 secteurs d’Engels.
Cette loi je l’explique grosso modo pour que vous puissiez situer :
Les salaires faibles ont une grosse partie de leur consommation qui est primaire et secondaire (soit indispensable ou utilitaire).
Les salaires forts ont une grosse partie de leur consommation qui est tertiaire (loisirs, superflu etc…)
Cela pour une raison simple car comme le dit un vieux proverbe Russe : Tout les estomacs ont la même tailles.
Une personne riche ne va pas acheter de la bouf à l’infini et ne cherchera pas particulièrement à se gaver, donc elle ne consommera pas énormément plus. Donc son argent ira plus à des choses moins indispensables.
Donc, les salaires augmentant ont a vu la structure de la consommation évoluer.
Qu’est ce que cela a causé ? l’essor du tertiaire et l’effondrement du secondaire et dans une moindre mesure du primaire (le primaire était déjà relativement faible).
Donc la classe ouvrière se réduit, hors elle était le principal foyer de syndicalisme et de conscience de classe.
Cette hausse des salaires et ce changement dans la structure économique de la société a également provoqué l’essor d’une nouvelle classe moyenne puissante.
Classe ? en tout cas elle n’en as pas la conscience et aspire à s’élever au niveau de la classe bourgeoise par tout les moyens, porteuses de valeurs du coup très individualistes (ses valeurs ont vu leur essort après 68) ou nous sommes passés d’une société à solidarité de type mécanique (basée sur la famille, le village, le syndicat, le parti, le groupe) à une solidarité de type organique (basé sur l’atomisation des individus dont le lien entre eux est assuré par la société (au sens organisation social du travail et état). Cela a fait très mal au syndicalisme.
Parallèlement sur le plan des idées, les gens ayant assouvis leurs besoins primaires, ont moins milités pour ceux ci d’où l’apparition des NMS de nouvelles préoccupations que ne prenaient pas en compte les syndicats.
J’ajoutes encore comme raison celle que tu as abordé Chani sur l’institutionnalisation des syndicats qui les as coupés de leur base, les as bureaucratisés et parfois coupés de toute réalité.
Entrons désormais de pleins pieds dans « l’après trente glorieuses ».
Avec l’arrivée de la crise économique on voit l’essort du chômage de masse qui n’incite pas les gens à se syndiquer par peur du chômage.
De plus comme la réponse à la crise fut la flexibilité, on atomisa le collectif de travail lui demandant souvent de nombreuses taches, mouvant dans l’entreprise, oeuvrant en petits groupes (Toyotisme entre autre) ce qui n’incita pas à la création d’une ambiance de travail, à la naissance d’un sentiment de collectif et donc à la lutte commune, le syndicalisme.
De plus cette flexibilité c’est faites également par de nombreuses externalisation causant un fort développement des PME bossant pour les grosses entreprises et dilapidant encore les collectifs anciens des grandes entreprises. Hors on sait très bien que les syndicats s’installent beaucoup plus mal dans les petites structures (raisons multiples : pressions directe de la hiérarchie avec contrôle continu, mais aussi car le contact avec le patron est direct, tout le monde se connaît, pas besoin de passer par l’intermédiaire d’un syndicat).
Avec l’entrée dans la consommation de masse et l’individualisme de la classe moyenne on a vu également une culture zapping naître qui est incompatible avec l’engagement à long terme, d’où l’essor des « coordinations » qui sont des organisations de salariés d’une même branche, qui sont éphémères pas institutionnalisés, elles ne durent que le temps du mouvement et disparaissent après. Elles ont fait très mal aux syndicats. Cette nouvelle forme encourage toutefois le corporatisme (ce qui colle bien avec la morale individualiste).
Voilà, il y a peut être encore quelques raisons que j’ai oublié mais je crois avoir fait le tour.
Pour stopper la désinformation je tiens à me pencher sur la nature de la baisse du syndicalisme également.
En prenant les syndicats comme un tout uniforme en effet, il baisse.
Si on regarde dans le détail, on s’aperçoit que la CGT diminue sans cesse, c’est le plus gros, celui qui pèse dans les institutions, qui se veut (vraiment qui se veut) dogmatique et qui a un discours de lutte (du moins dans l’imaginaire collectif car c’est de moins en moins vrai) qui effraies cette nouvelle classe moyenne.
Les autres augmentent, mais sont beaucoup plus petit, donc leur augmentation ne compense pas la perte de la CGT.
On peut signaler par exemple SUD qui croit très rapidement, qui prend en compte les NMS.
ps : j'ajoutes une raison, la terciarisation rendant les taches moins physiques et l'évolution des moeurs a contribué à la féminisation de la société, féminisation qui a aussi nuit au syndicalisme, en effet, en général les femmes ont sociologiquement moins une culture de lutte du travail que les hommes. | | |
08/05/2007, 16h37 | #2 | | Manticore
| Re : De l'effondrement du syndicalisme | | Hello !!!
Merci en tout cas c'est très complet et bien expliqué.
Quelques éclaircissements sont nécessaires par contre :
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Elles ont fait très mal aux syndicats. Cette nouvelle forme encourage toutefois le corporatisme (ce qui colle bien avec la morale individualiste).
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En parlant des NMS, je ne comprend pas ce que tu entend par "corporatisme". Je veux dire que je connais le sens commun du terme mais sans plus.
Même chose, pour "morale individualiste", je trouve que ça manque de developpement (bon d'accord en gros j'ai la flemme et je n'ai pas le temps d'aller voir à quoi revoie ce concept .....pas taper.....  ).
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la féminisation de la société, féminisation qui a aussi nuit au syndicalisme, en effet, en général les femmes ont sociologiquement moins une culture de lutte du travail que les hommes
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Euh, gnéééééééé ??? Sociologiquement, euh, des noms et des renvois peut être ??? Et pis "Lutte du travail", il faut le comprendre comment ??? Genre lutter pour avoir le droit de travailler, ou lutter genre beaucoup moins dans l'affrontement en ce qui concerne le monde du travail ??
Enfin derniers points: Est ce que tu penses que le "renouveau" syndical passe par la prise en compte de ses NMS.
Ne crois-tu pas que pour réellement avancer les syndicats types CGT/Medef (oui oui je sais le medef n'est pas à proprement parler un syndicat mais c'est tout comme pour moi) devraient justement s'adapter à notre époque, à l'évolution sociologique et culturelle que tu as déjà expliqué, en arrêtant cette logique de bras de fer eternel ??
Pour ma part, j'ai une vrai méfiance envers les syndicats. Aujourd'hui je suis étudiante, probalement que je serais aménée à changer d'avis plus tard. Mais en attendant, j'ai été DE-GOU-TE à vie par les syndicats étudiants .
Je me méfie surtout du manque de culture de consensus, de négociation "diplomatique", chez les syndicats. | | |
08/05/2007, 17h08 | #3 | | Dieu
| Re : De l'effondrement du syndicalisme | |  | Citation |  |
| |  | Posté par sunshine13 |  |
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En parlant des NMS, je ne comprend pas ce que tu entend par "corporatisme". Je veux dire que je connais le sens commun du terme mais sans plus.
Même chose, pour "morale individualiste", je trouve que ça manque de developpement (bon d'accord en gros j'ai la flemme et je n'ai pas le temps d'aller voir à quoi revoie ce concept .....pas taper..... ).
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Là je ne parlais pas des NMS (les NMS sont une partie du problème mais pas la seule partie), mais des conflits du travails plus orthodoxes. En fait le grand principe du syndicat à l'origine c'est de ne pas défendre une branche mais l'ensemble des salariés sans distinction de branches, tous solidaires. Cela se veut opposé au corporatisme qui est le fait de défendre seul son bout de pain dans son secteur sans se soucier des autres salariés dans les autres branches et d'arréter le mouvement dès qu'on a obtenu ce qu'on voulait. Exemple : les coordinations lycéenes ou infirmières qui sont les plus connues, se contentant de se mobiliser dès que quelque chose les touches mais n'ayant pas de militantisme plus poussés que ça et de revendications élargies. Je me rappelle notamment d'une année (et c'est le plus bel exemple de corporatisme qu'on puisse avoir) où les aides soignants avaient voulus monter dans le car avec les infirmières pour aller manifester avec elles et où elles avaient refusés car ce n'était pas le même métier, donc ils n'avaient rien à faire dans leurs manifs.
J'ai du mal à comprendre ce que tu comprend pas dans la morale individualiste, c'est à dire penser à sa pomme en premier à ses propres conditions de travails, à son interret, avec la famille, l'église, le groupe social, le syndicat, le travail qui passent au second plan comparativement à avant.
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| |  | Posté par sunshine13 |  |
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| | | | Euh, gnéééééééé ??? Sociologiquement, euh, des noms et des renvois peut être ??? Et pis "Lutte du travail", il faut le comprendre comment ??? Genre lutter pour avoir le droit de travailler, ou lutter genre beaucoup moins dans l'affrontement en ce qui concerne le monde du travail ?? | |  | |  |
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Quand je parle de lutte du travail je veux dire lutte sur le lieu de travail pour de meilleures conditions de travail, ou pour empécher des réformes etc... lutte syndicale en gros.
Sociologiquement ce que je dis est vrai. C'est simple, regarde, une petite fille, ses parents lui offrent une dinette, un petit garçon, on lui offre des petits soldats. Oui, tu me sortiras toujours des exceptions, mais la sociologie ne s'embarasse pas d'exceptions, elle étudie les statistiques, les moyennes. C'est un fait, tout est fait dans l'éducation, dans la société pour que les femmes aient un caractère généralement plus doux que celui des garçons. Un caractère donc moins comparatible avec la lutte syndicale. Bien sûr il y a des exceptions, et heureusement elles sont de plus en plus nombreuses signe d'une évolution progressive des moeurs.
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| |  | Posté par sunshine13 |  |
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| | | | Enfin derniers points: Est ce que tu penses que le "renouveau" syndical passe par la prise en compte de ses NMS.
Ne crois-tu pas que pour réellement avancer les syndicats types CGT/Medef (oui oui je sais le medef n'est pas à proprement parler un syndicat mais c'est tout comme pour moi) devraient justement s'adapter à notre époque, à l'évolution sociologique et culturelle que tu as déjà expliqué, en arrêtant cette logique de bras de fer eternel ?? | |  | |  |
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Oui et non. Les NMS sont déjà grandement reliés par toutes sortes d'associations, d'organisations etc... Le syndicat a pour but de régler les conflits du travail. Cela dit, il est vrai qu'un filon à creuser est la prise en compte des nouvelles problématiques sociales dans le milieu du travail. Par exemple, un syndicat dans son entreprise peut lutter pour l'égalité homme/femme, contre l'homophobie, pour une autre organisation sociale du travail (promotion de l'autogestion), pour des campagnes de sensibilisations à divers problémes, contre le racisme, pour des modes de productions plus écologiques etc... et c'est ce que font certains (comme SUD ou la CNT). Après abandonner la lutte du travail serait une erreur, car le syndicalisme n'aurait alors plus de sens, de plus les syndicats sont indispensables à une démocratie pour ne pas laisser le chant libre seulement aux patrons.
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| |  | Posté par sunshine13 |  |
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| | | | Pour ma part, j'ai une vrai méfiance envers les syndicats. Aujourd'hui je suis étudiante, probalement que je serais aménée à changer d'avis plus tard. Mais en attendant, j'ai été DE-GOU-TE à vie par les syndicats étudiants .
Je me méfie surtout du manque de culture de consensus, de négociation "diplomatique", chez les syndicats. | |  | |  |
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Méfiance justifiée et partagée par beaucoup. Seulement il y a quelque chose qui faut se dire, la plupart des syndicats sont ultras démocratiques dans leur fonctionnement interne, dès lors, le meilleur moyen pour qu'ils soient comme tu voudrais qu'ils soient, c'est d'être à l'interieur et de t'y exprimer.
En fait le syndicalisme se fait par des hommes et du coup est très différent selon les sections. Je vois certaines sections de la CGT sont ultra réformistes, d'autres limites anarcho/syndicalistes (c'est le cas à Perpignan si je ne m'abuse). Donc vraiment un syndicat si on oublie les diréctives nationales, se fait à échelle locale.
Si tu préfère la politique du consensus, et bien la CFDT est faites pour toi, c'est leur ligne de conduite depuis quelques temps. Négociation tout le temps, tout le temps. | | | Emplacement : | Utilisateurs regardant cette discussion : 0 ( membre(s) et 0 invité(s)) | | | | Rechercher dans cette discussion | | |
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