Prise de Conscience
Même si je ne suis rien pour toi, je n'ai pas pû résister à la tentation de te suivre. Depuis le début de la semaine, tu paraissais mélancolique et tu t'enfermais dans ta bulle, nous ignorant. M'ignorant. Je suis conscient que nos rapports n'ont pas toujours été très gaies mais plutôt conflictuels voire brutaux au début de notre relation et que tu as surement dû être plus que blessée; mais je ne peux pas m'empécher de penser à toi. Si jamais C n'avait pas fait le premier pas il y a quelques mois, je pense que je serais resté loin de toi, à t'ignorer et à me dire que tu devais être comme toutes ces filles qui bourdonnent autour de moi. Pourtant, tu es si simple, si fraîche et si souriante face à la vie. Je ne pouvais qu'éprouver de la jalousie face à ton amitié si forte avec ton meilleur ami. Sans que je ne sache pourquoi, ce sentiment est devenue de plus en plus fort et s'est emparé de chaque partie de mon corps sans que tu n'ais eu à intervenir. Le simple fait d'être toi-même illumine la vie des gens que tu croises. Ce sentiment devenait oppressant lorsque je te voyais rire aux éclats avec tous ces garçons intéressés par tous ces petits détails si parfaits: ta joie de vivre, ton sourire, tes yeux si pétillants, ta générosité, toi… J'ai alors tout fait pour ne t'avoir rien qu'à moi-même si je savais que mon comportement était semblable à celui d'un enfant de plusieurs années. J'ai profité du désistement de la baby sitter de mon frêre et de ma sœur pour te proposer leur garde, sachant que tu cherchais un petit boulot. Ma mère pouvait redormir sur ses deux oreilles et je me sentais aux anges dès que je rentrais de mon entraînement et que je te savais chez moi, à plus ou moins attendre mon arrivée. Cette situation me satisfaisait jusqu'à il y a quelques jours, où j'ai vus ton sourire disparaître et où je me sentais impuissant. Tu ne parlais quasiment plus et restait cloitrée dans ton monde, la seule personne que tu laissais t'approcher étant la personne que j'exècre le plus. Alors, lorsque je t'ai vus partir avec lui, j'ai pris sur moi de vous suivre en scooter; déambulant dans rues pour enfin arriver devant le cimetière de la ville. Là, Il te laisse seul et fais le chemin inverse, rencontrant alors mon regard. Il reste interdit et j'en fais de même, attendant un geste de sa part. Il tourne négligemment la tête vers l'entrée du cimetière et me lance un: "Elle va avoir besoin de toi" et repart en direction du tram. Descendant de mon engin, je prends la direction de l'entrée pour enfin voir les allées défiler lors de ma recherche. Divers groupes s'attroupent devant les tombes mais toi, je te retrouve seule, immobile et interdite; présente devant une plaque de marbre entourée de fleurs. Je m'approche lentement tout en ne te lâchant pas des yeux, je te vois chanceler sur tes jambes et tu tombes à genoux sur le marbre.
- Hey ! Ca va ?
Je m'accroupis à tes cotés et pour la première fois j'apperçois une larme couler le long de ta joue. Tu t'accroches alors à ma chemise et enfouis ta tête dans mon cou en murmurant qu'il te manque. Je jette un coup d'œil à l'inscription.
- Ce Nicolas… Il porte le même nom que toi. Il avait une vingtaine d'années…
Tu réprimes un sanglot et je porte ma main à tes cheveux châtains. Même si le rouge me monte aux joues, je tente de rester calme et tu réponds docilement.
- C'est mon père, idiot…
- Et Patrick ?
Toujours solidement accrochée, tu commences à me raconter ton histoire que seuls ta famille, ton meilleur amie et tes amis d'enfance connaissent. Une histoire de mort en voiture, de rencontre entre ta mère et ton nouveau père médecin à l'hôpital, de ton déménagement dans une autre ville à l'âge de sept ans pour oublier cette histoire, de remontage de pente puis enfin de retour dans ta ville natale où ton père a retrouvé un post élevé dans l'hôpital de la ville.
- Le… Le Hand-ball… Si je m'y investis tant… C'est qu'il adorait y jouer
Sentant ton cœur battre de plus en plus vite contre ma poitrine, je te prends dans mes bras et t'ammène à l'extérieur du cimetière pour te déposer à coté de mon scooter. Après m'avoir certifié que tu étais capable de tenir assise dessus, je démarre mon appareil et défile dans la ville; sentant ta tête posée contre mon dos. Si on pouvait décrire mon sentiment, je crois que ce serait un mélange de mélancolie et de bonheur... Arrivés devant chez moi, je ne pense plus qu'à te reprendre une nouvelle fois dans mes bras, cette sensation de bien-être de te savoir comme en sécurité.
- Je vais appeler tes parents…
Tu esquisses un sourire tout en me donnant ton conssentement puis me suis à l'intérieur du bâtiment. Ma mère lève un sourcil en te voyant dans un état second lorsque tu entres dans la salle. Après avoir expliqué vite fait les raisons de ta venue, je lui dis que nous mangerons dans ma chambre; après avoir certifié aux monstres qui me sert de frêre et de sœur que je ne désire pas être dérangé. Assise sur le lit, tu ne dis mot et tentes de dissimuler tes dernières larmes. Je sors cinq minutes pour aller chercher à manger et te retrouve étendue sur mon lit, endormie. Posant le plâteau sur mon bureau, je m'approche de la couche et m'allonge délicatement à tes cotés, t'encerclant de mes bras comme une chatte le ferait avec ses petits. Je m'amuse à déblayer ton visage de quelques mêches de cheveux le parsemant et dépose un long baiser sur ton front.
Fermant les yeux, je tente de calmer ce petit bout de mon corps qui essaye de me certifier que ma jalousie trouve son appuis sur un sentiment encore inconnu: l'Amour.