| Ombre
| Nocturnal, l'histoire. (RP, long.) | | Bonjour, et merci d'avoir fait une section Roleplay sur un site aussi connu qui me permettra peut-être de me prouver ma valeur en roleplay et écriture d'histoires ^^
C'est mon premier poste sur Hyjoo, et j'éspère que ça ne posera pas de problèmes aux gens pour lire mon histoire.
L'histoire : cette petite "nouvelle" a été écrite dans l'univers de Lineage 2.
Après chaque *** c'est que l'on change de personne (alternant entre Miyavi et Nocturnal, en commencant par Nocturnal)
J'aimerai que vous me disiez ce que vous en pensez !
Merci bien, et bonne lecture ! ^^
Au début j’ai cru que je devenais barge. Mais c’est Theo qui me réveilla. J’étais bien sûr que c’était un véritable humain, et non une hallucination. Peut-être que je l’ai imaginé ? Dans le seul but de mettre cette haine de côté, dans un autre moi ?
Au final, je choisis le tissu en karmian, et l’épée homunkulus. C’est une épée légère, rouge sang, tranchante, gravée de runes magnifiques et incompréhensibles. Theo disparut encore une fois. Je me rendais donc dans la vallée des dragons. Cette vallée est composée d’un labyrinthe à ciel ouvert, dont la fin débouche sur l’entrée du repaire d’Antharas, un dragon de l’ancien monde. Personne n’est jamais revenu de ce repaire, personne n’y est allé non plus à cause de la peur.
Le début de la vallée est barré par une horde de squelettes en armures et armés jusqu’aux dents. Au loin, les battements d’ailes des dragons résonnent. A coup de sortilèges, je me fraye un chemin et m’enfonce dans la vallée. Je sens ma puissance augmenter au fur et à mesure que les monstres et créatures tombent.
Quelques semaines plus tard, je me rendais à Goddard, une ville circulaire, réputée dangereuse du fait de l’absence de «zone de paix » qui dissipe toute forme de violence physique et mentale. Je décidais de me faire confectionner une nouvelle robe, avec des tissus récupérés dans les repaires de créatures prestigieuses sur cette terre :
Histoire d’Orphen : Fille de Baium, magicienne, étrange créature de type arachnide, elle se terre dans la Mer de Spores.
Histoire de Zaken : Pirate, il fit construire un navire pour la flotte de guerre du roi d’Aden, la capitale. Mais, trop absorbé par son travail, il garda le gigantesque navire et partit au loin avec son équipage. On ne le revit plus pendant quelques décennies.
Histoire de Baium : Grand mage, il fut pendant une période l’un des plus grands de ce monde. Il sombra dans la folie en voulant tout détruire afin de s’attirer toute la puissance possible. Il fut enfermé dans la roche par les Séraphins et fut réveillé par un inconnu. Il règne toujours depuis sa tour de l’Insolence.
J’arrivais donc dans cette ville. Une ville calme. Ma cécité m’apprenait à être attentif. Je perçois les émotions, sentiments et les mouvements. Je demandais à la couturière Hana, la plus célèbre de la ville de me tisser ma robe. Une robe blanche, majestueuse, aux motifs dorés. De même, je me fis tailler un bâton fait de bois d’if, aux motifs d’Einhasad, la déesse des terres et des eaux. Lorsqu’il fut fini, je le portais à ma main, et il s’alluma, rayonna d’éclats rouges. C’est à ce moment là qu’une flèche entra dans mon épaule droite. Je me retournais.
Miyavi. Il me regarde avec son arc qui résonne encore par la violence avec laquelle il a envoyé la flèche. Il me regarde depuis le toit d’une maison derrière moi.
Histoire de Miyavi : Un grand elfe noir, ancien elfe sylvain, ayant appartenu à l’élite archère de l’armée. Il fut emprisonné après sa condamnation pour le meurtre de trente-sept personnes du Conseil d’Aden. Il fut enfermé dans un puits de lune, au fond d’une minuscule cellule dans laquelle il resta 122 ans. Il survécut en grattant la terre de derrière les pierres des murs, en cherchant insectes, plantes, et même quelques animaux. L’effet du puits de lune eut sur lui un changement cutané et mental. La haine et la colère n’étaient plus que ses alliés, tous les autres sentiments ayant disparus. Sa peau devenue noire sombre, on ne sut jamais comment il réussit à sortir de sa prison.
Il me regarde depuis le toit d’une maison derrière moi.
***
Ce petit morveux de Nocturnal fait encore du tricot. D’un coup, je saute et grimpe de toit en toit pour trouver le meilleur endroit. J’observe le gamin. Son arme rayonne dans ses mains. Je décoche une flèche dans son épaule. Il ne bouge pas. Je le regarde, debout, les bras croisés. Il tourne la tête vers moi lentement. Je cligne des yeux. Il n’est plus là. Il s’est super bien entraîné ! Ca fait plaisir.
Je sens le danger derrière moi. Le plus rapidement possible, je me retourne. Je me prends un coup de poing si faible que ça ne peut être que Nocturnal. Je ferme les yeux.
« Toujours aussi petit à ce que je vois.
-Arrête de rire Miyavi, tu sais que je pourrais te tuer, me répond Nocturnal.
-Je sais, je sais ! dis-je en souriant. »
On se regarde pendant des heures. Le jour se lève une deuxième fois. La pluie tombe. Aucun de nous deux n’a cligné des yeux, bien que Nocturnal ne puisse pas, étant donné qu’il porte un masque derrière lequel ses orbites sont vides. L’atmosphère devient lourde mais du bruit attire son attention. Nocturnal détourne un œil. Je me lance sur un autre toit, lui, disparaît. J’analyse alors qui a attiré son attention. Un groupe s’est téléporté à Goddard. Je reconnais alors Sreeta Peka et Lady Athenas.
Histoire de Sreeta Peka : Elfe noire, recherchée pour le meurtre de trois prêtres d’Einhasad, et accusée du meurtre de trois autres conseillers, mais les preuves ne sont pas suffisantes. Elle excelle en maniement d’épées. Elle en possède deux, fines, longues, rapides, meurtrières. Elle court vite, très vite.
Histoire de Lady Athenas (dite La Dame) : Humaine magicienne, elle ne semble pas avoir plus de vingt ans. Pourtant, elle a tué le grand prêtre d’Aden. Considérée dangereuse, elle est recherchée pour ce meurtre.
Elle réagit extrêmement vite. Elle pratique la magie depuis l’âge de sept ans. C’est l’une des rares survivantes du massacre dans l’école de magie d’Einhovant.
Ces deux filles sont dangereuses. Ces filles sont idiotes. Elles viennent à Goddard, alors qu’un prédateur est caché et n’attend pas que de tuer. Je ne sais pas où est Nocturnal, et je m’en contrefous. En décochant la première flèche, je tue deux des sbires de Sreeta. Les flèches en mithril sont incassables. Une deuxième flèche, deux autres morts. Quelle idée de se balader en duo ! A chaque fois, une flèche entra dans la tête d’un et ressort pour se planter dans celle de celui derrière. Douze cadavres. Sreeta cherche d’où viennent les flèches. Un léger sourire m’indique le plaisir qu’elle prend à chercher. Athenas n’a pas bougé.
Sreeta court vite. Très vite. Elle fait rapidement le tour de la ville. Je tire une flèche. Elle me voit. Elle crie. La flèche entrée dans son pied l’arrête sur place. Athenas n’a pas bougé.
Sreeta, les yeux rouge sang, garde ses larmes afin de montrer qu’elle n’a pas peur de moi. Mais je sais qu’elle est terrifiée. Se faire battre aussi facilement…Elle, la plus rapide, la plus grande sprinteuse sur cette terre, se faire battre par une pauvre flèche…Une deuxième flèche part, et elle crie encore. C’est un cri de désespoir. Athenas bouge. Elle se rapproche de Sreeta, et l’emporte d’un coup de vent. Les deux flèches restent dans le pavé.
J’entends alors des applaudissements. Nocturnal regarde vers moi et paraît satisfait.
« Petit morveux ! Je te rappelle que c’est moi ton mentor ! »
Il sourit quand je lui dis ça.
Giran. Nocturnal et moi arrivons dans cette belle cité. Il me conduit chez le forgeron et m’offre de magnifiques griffes. Après quelques semaines d’entraînement, nous retournons à Goddard. Surprise, dans la taverne, revoilà nos deux belles ennemies. Sreeta semble fatiguée. Elle remarque ma présente et se jette sur moi avec la plus grande rage possible. Elle me jette par la fenêtre. Mes griffes sont aiguisées, je connais les points faibles et les points forts de ma cible et je suis prêt. Elle sort elle aussi part la fenêtre, tenant ses deux épées. Enfin un adversaire à ma taille. Un combat terrible s’engage. Ses coups, je les esquive, mes coups, elle les esquive. Elle est aussi rapide que moi. Ou est-ce l’inverse ? Dans les pans de mon armure de cuir, se trouvent deux pieux préparés spécialement pour elle. Je les récupère et avec la plus grande vitesse possible, je les enfonce un par un dans les pieds de Sreeta. Un cri déchirant me prouve qu’elle ne s’attendait pas à ça.
Immobilisée, elle n’est plus rien. Un coup de poing. Ma griffe entre dans son visage. Elle ressort. Sreeta tombe. On m’envoie valser contre le mur le plus proche.
J’ai mal.
Je m’évanouis.
***
Lady Athenas était assise et tenait son verre à ses lèvres mais elle ne le buvait pas. D’une voix douce elle me dit :
« Nocturnal, c’est ça ? Ca fait longtemps que je te cherche.
- Oui, c’est moi. Tu me veux quoi ?
- Tu as tué tous mes amis à l’école d’Einhovant. Et Miyavi vient de tuer ma mère. »
Elle s’était levée. Elle me montra la fenêtre qui venait d’être défoncée par Miyavi lorsque Sreeta l’a envoyé dehors.
« Comment tu sais qu’elle est morte ?
-Parce que tôt ou tard, Miyavi l’aurait tuée pour la récompense. »
Elle saute par la fenêtre et envoie deux sortilèges sur Miyavi qui part d’évanouir contre un mur. Athenas court en pleurant vers le cadavre défiguré de sa mère. Elle se relève et me regarde. Dans ses mains se forment des flammes dont la chaleur me touche jusqu’à l’intérieur de la taverne. En sautant pour esquiver son sortilège, je m’encastre dans le plafond et sors pour arriver sur le toit de la taverne. Son sort brûle tout, je m’éclipse à terre d’un mot, elle tombe, tranchée en deux. Ainsi finit l’histoire de Sreeta Peka et de sa fille Lady Athenas.
Je cours vers Miyavi inconscient. Je m’assois à côté de lui.
« Parce que tu crois qu’il va se lever comme ça ? me demanda Theo.
-Bravo pour ta puissance ! Je ne pensais pas que tu serais capable de tuer quelqu’un comme ça.
-Nocturnal, ce n’est pas moi qui l’ai fait ce sort. Je suis de moins en moins présent en toi.
-Tu veux dire que… ?
-Oui. »
Miyavi se réveilla quelques heures après.
Pendant quelques mois, rien ne se passa. Miyavi et moi étions les possesseurs officieux de Goddard. Nous étions aussi respectés. Mes dons d’enchantements des objets me valaient le surnom d’enchantueur. Partout, on m’appelait Amadeus von Nocturnal l’enchantueur. Miyavi, quant à lui, était surnommé l’Aurore Rouge.
Pendant quelques temps donc, rien ne se passa jusqu’à ce qu’un elfe à la peau extrêmement blanche arriva dans Goddard. Il se tenait droit, vêtu d’un costume de magicien de très haut rang dans la hiérarchie elfique. Son nom est Swell.
Swell était assez simple. Il voulait une petite maison, avec une petite famille, dans un petit pays. C’était aussi l’un des Spellsingers les plus rapides et habiles que le monde d’Aden ai jamais porté. Il maîtrisait l’eau, tout comme ses confrères d’elfes. Vivant dans la nature, il récupéra une branche de l’Arbre-mère des elfes, et le sculpta afin de s’en faire un bâton. Il me demanda de lui enchanter. Il ne parvenait pas à le faire lui-même. Lorsque son bâton étincela de rouge, il m’adressa un sourire et s’éclipsa.
Mais pour l’heure, nous (Miyavi et moi) devions nous méfier un maximum puisqu’une menace de mort fut envoyée par d’anciens « étrangers » , formant le clan de Sreeta Peka.
Alors que la journée était bien entamée, le soleil à son zénith, une assemblée de jeunes humains et elfes noirs arriva par la téléportation. Ils devaient être une trentaine et c’est quand Miyavi me conseilla de le rejoindre sur le toit que la boucherie se fit sentir. Les yeux de tous étaient rivés vers moi. Je me tenais en plein milieu de la place, et, entouré de ces tueurs avides de vengeance, je me concentrais. C’est Swell, par un éternuement, qui donna le départ. Un massacre digne de ce nom déchira la ville. Les flèches fusaient de l’arc de Miyavi afin de tuer les mages. Moi, je tuais sans distinction, sans vraiment craindre la mort. J’ai beau être aveugle, mais là, arriva une magnifique rousse. Son aura m’atteignait et me rendait rêveur. Elle était vêtue d’une petite jupe à carreaux rouges et noirs. Une archère magnifique. Je la voyais tout du moins, magnifique, mais peut-être que la réalité était différente. Lorsque le massacre fut fini, j’entendais une musique sans cesse dans ma tête. Je m’avançais.
« Elle » a un nom. Mimi. Je crois que mes sentiments s’embrouillent. Swell me regarde. Il alluma sa pipe et ria doucement. Je crois que je suis amoureux de Mimi. Je m’isolais pour réfléchir. Je montais au sommet de la tour de l’Insolence. Grave erreur. Un groupe m’attendait. Je ne voyais pas leurs visages. « Elle » m’a suivit. « Elle » ne comprit pas. L’un du groupe sourit. « Elle » lui sourit. Celui du groupe envoie une flèche. Je ne l’ai pas vu. Trop rapide. « Elle » tombe. « Elle » ne bouge pas.
« Elle » est morte.
C’est alors que ma rage me poussa au meurtre. Comme le jour où les 387 personnes périrent afin de s’entraider pour arrêter ma folie. J’en ai plus que marre, je n’ai rien à perdre. Miyavi saura se débrouiller tout seul. D’un mot, je déchire quatre étages de la tour, le groupe vacille et tombe. Les débris les recouvrent. Le ciel est tortueux. Un cyclone étrange le traverse. Ma haine est revenue. Ma haine envers le monde. Parfois, j’aimerais tout recommencer. Tout faire exploser. Pour me calmer.
Histoire d’Amadeus von Nocturnal :
Jeune homme, il accéda à l’école de magie d’Einhovant, mais, étant assez lunatique, de puis de petite taille pour son âge, il fut la cible de moqueries terribles. Pendant 4 ans, il garda son sang-froid le plus possible. Mais une insulte le réveilla. 387 morts. L’école explosa puis brûla.
Nocturnal fut condamnée à mort. Lorsqu’il fut plongé dans le Puits de la condamnation, ses yeux furent arrachés. Avant d’aller plus loin dans la mort, il fut secouru par celui qui sera son maître pour quelques temps. Theo. Un humain lui ressembla étrangement. Face à sa peine et sa rage disparue depuis l’arrivée de Theo. Nocturnal voulut se suicider. Au large des côtes, il se laissa couler. Un mois plus tard, un navire de pêcheurs le recueillit, mais ceux-ci se rendirent compte de l’idiotie qu’ils venaient de commettrent. Nocturnal conduisit le navire au port et disparut. Theo le réveilla un matin, et une nouvelle vie commença pour Nocturnal.
Cette nuit, j’ai fais un rêve. Je voyais Mimi. Nous faisions l’amour, je crois. Je sais bien que par mon incompétence pour aller vers les femmes (ou filles) me vaut une connaissance très limitée. C’est à ce moment que Miyavi me réveilla. « Viens, il faut partir. »
Vint le jour de la création du clan Mortem. Le clan d’Amadeus von Nocturnal.
Giran. La ville la plus connue. Miyavi et moi arrivions afin de remplir une charte de guilde. Nous nous sommes inscris dans les registres d’Elmoreden. Mortem. En souvenir de Mimi. Un clan puissant, qui n’aura peur de personnes, qui abritera tous les vengeurs et autres tueurs en quête de récompenses.
Octobre. Le fils de Zaken le pirate. C’était un jeune homme mince, horné d’un tricorne et d’un manteau noir dans lequel il cache ses armes. Sa spécialité : les armes à feu. Fabriquées, ses armes à poudre sont assez précises qu’elles peuvent toucher un homme au cœur à 100 pas. Etant riche, Octobre se vit offrir l’enseignement du maniement des armes par un maître nain.
Ces deux là débarquèrent dans Goddard, en pleine journée. Là, je me trouvais assis, à enchanter des armes pour Miyavi. Ces soudaines apparitions dans ma vie ne me troublèrent pas plus que ça. Je sentais que Miyavi, debout, les bras croisés à son habitude, regardait les deux intrus. Octobre prit la parole :
« J’ai entendu dire que c’était votre ville ici.
-En quelque sorte, oui. Personne n’a réussi à la reprendre, répondu Miyavi. »
Le sourire d’Octobre me glaça le sang. Un sourire glacial, il semblait être un géant à côté de moi. Son aura me renseignait largement sur la personne.
« J’ai aussi entendu dire que vos têtes sont mises à prix. »
Je m’arrêtais. Octobre souriait toujours. Je lui demandais de combien était la récompense. Il me répondit : « Assez pour m’offrir Mimi. »
« Tu crois vraiment que je suis un pauvre gosse sans défense ? Et de quel droit peux-tu parler de Mimi comme ça ? »
L’atmosphère changea. Octobre ne souriait plus. Il semblait tellement sûr de lui, que je j’osais lui mettre un coup d’épée, ramassée à terre au hasard. Il esquiva mais d’un mouvement sortit deux revolvers. Je sentais la poudre. Deux coups furent tirés et il recommença à sourire lorsque je tombais.
***
Nocturnal tomba à cause des coups de feu. Je pris mon arc et tirait une flèche vers la tête de cet immonde personnage. Il l’a rattrapa au vol. L’instant d’après, j’étais sur lui : un vieux piège à la con, il a cru que je pensais le tuer à l’arc…A vouloir arrêter la flèche, il n’avait plus qu’une main et donc un revolver de libre. En m’élançant, je criais. Les poings en avant, rien ne pouvait m’arrêter. Un « aura flare » de Nocturnal m’envoya en l’air et j’atterrissais à quelques mètres plus loin. Dans les vapes, je regardais Octobre. Je croyais l’entendre :
« Hahaha alors comme ça, Nocturnal a fini de faire sa sieste ? Ta maman n’a pas souffert de tes cris ?
-NE PARLE PAS COMME CA DE MA MERE ! »
Nocturnal hurla. Sa voix me rappelait celle de Theo…de Theo… Sa voix, mais aussi son assurance, sa volonté de tuer.
C’est alors une abomination qui se déroula. Nocturnal laissa éclater sa fureur contre Octobre. Toujours l’épée au poing, il étrangla Octobre, depuis le toit d’une maison proche. Octobre ne souriait plus du tout. Il avait peur. Nocturnal continuait de le soulever.
« On ne parle pas des gens comme ça ! Ni de Miyavi, ni de Mimi, ni de ma mère, même si je la hais, même si je la déteste, et même si c’est elle qui m’a condamné à toute cette violence !
Crois-tu que je pourrais contenir une telle rage contre les autres et contre mes parents ?
Pourquoi faut-il tuer des gens pour qu’on t’écoute ? Pourquoi faut-il la haine, pourquoi faut-il des pleurs ? »
Je me relevais et observais ce petit morveux qui avait laissé exploser sa fureur, et je compris bien des choses sur lui à cet instant, dans la grande histoire de Nocturnal. Même s’il n’a que 17 ans, il a vécu plus de choses horribles que la plupart des criminels.
« Pauvre merde de fils de Zaken ! J’ai tué ton père, et tu viens me parler de parents ?
Tu crois que c’est parce que mon père me battait pour rien, qu’il m’abandonnait en forêt pendant des heures, que je n’ai pas le droit de garder ce passé ignoble sous silence ?
Et moi, mes pleurs, mes cris, qui n’ont jamais trouvés de réponses ! Quand je vois toutes ces merdes dans ce putain de monde pourri, je me rends compte que la chance des gens est gaspillée pour des CONNERIES ! Là ! Je la tiens ma haine ! A BOUT DE BRAS !
Je n’ai qu’un geste à faire ! Qu’une pensée à avoir ! ET TU CREVES ! Tu es accroché à ma vie et tu crois pouvoir dire que tu mérites de vivre ? Il n’y a que les forts qui restent ! »
Octobre tomba. Sa tête roula, laissant une traînée de sang sur plusieurs mètres. Elle tomba dans les escaliers de Goddard. Dans toute la ville, on pouvait voir la haine de Nocturnal jaillir de son corps comme des flammes. Celui-ci descendit du toit et frappa de toutes ses forces sur le corps d’Octobre avec son épée. Nocturnal tomba en arrière après s’être relevé, et ne bougea plus. Lorsque je m’approchais, je pensais le voir pleurer (bien que sans yeux...) mais il ne garda que son visage et ses « yeux » au travers de son masque tournés vers le ciel.
***
J’entends une sorte de musique dans ma tête. Elle s’intensifie. Des violons, puis un piano. Theo...Ta musique me donne envie de tuer. Le ciel est bleu. Les oiseaux chantent. La tête de Miyavi apparaît. Le soir, Miyavi fit un feu à l’écart de la ville. Nous mangions des petits animaux et du pain.
« Nocturnal, qu’est-ce qu’il s’est passé dans le puits lors de ton exécution ? me demande Miyavi.
- ... » Je ne savais pas quoi répondre. Comment raconter un cauchemar ? Un cauchemar qui m’a rendu aveugle ? Qui m’a prouvé la trahison de mes propres parents ?
Ce cauchemar qui continue même éveillé...
Pourquoi personne pour me réconforter ?
Pourquoi suis-je toujours seul ?
Mimi, où es-tu ?
Le jour suivant, Miyavi et moi partions pour l’Ile Parlante. L’île natale des humains.
Toute l’armée humaine était à notre recherche. C’est à ce moment que je me rendis compte de l’égoïsme de Miyavi :
« Nocturnal ! Il faut que tu t’arrêtes ! Tes conneries vont nous tuer ! Regarde qui se met devant toi ! » me hurla-t-il. Mais je ne l’entends plus. J’ai cette musique dans ma tête. Le voilà lui aussi contre moi. Qu’importe. Ils périront tous. Même lui.
Fini le monde trop cruel.
Je me tenais sur le bord du quai. La flotte de guerre va envahir l’Ile Parlante, et moi je serais là. Lorsque les premiers bateaux arrivèrent, j’entendais le son des cornes de brume.
Le vent se leva. Comme par magie, de plus en plus fort.
Je n’ai pas peur car j’ai cette musique dans la tête. Je sais que Theo est avec moi.
***
Avec ou contre moi, je vais aller péter la gueule de ce petit morveux. Il se tient face à la mer, sur le quai. Il observe tant qu’il peut l’horizon depuis plus d’une heure. Alors le premier bateau arriva. Je sais que Theo est avec lui.
Une forme apparaît devant Nocturnal. Une sorte de boule de feu.
La boule se transforma en cercle de feu quand il fit un mouvement. Ce cercle traversa la mer, l’écartant en vagues imposantes sur son passage. Le bateau continue d’avancer. Pris de stupeur, les soldats sautent du bateau et nagent le plus loin possible.
Là, une explosion et le navire disparaît, et les vagues formées engloutissent les nageurs.
Une autre boule se forme devant Nocturnal. Je cours vers lui et il tourne son visage vers moi.
Je ne lui veux pas de mal mais je commence à le frapper à coup de poings.
Au début, il se demanda sûrement pourquoi je le tuerais. Je craignais l’instant où il riposterait. C’est le coup dans ses côtes qui le réveilla.
***
J’ai mal. J’ai mal. J’AI MAL ! MAL ! MAL !
Miyavi me frappe. J’ai mal, autant au cœur qu’à mes côtes. J’ai mal pour Mimi.
J’ai mal pour Miyavi.
Il se tient les mains en signe de protection. Je lance un sort et il encaisse prodigieusement bien. Je recommence, et il ne fait que reculer sans tomber. J’ai mal pour les coups qu’il m’a donnés. Je m’évanouis.
C’est Mimi qui me réveilla.
J’ai fais un rêve pendant mon coma. J’ai plutôt fais un cauchemar. Mimi mourrait. Mais cette fois je vis exactement le visage de son assassin : Miyavi.
Mimi me sourit. Je crois. Je sens son souffle. Pourquoi ? Comment ?
Elle n’est pas morte ? Je dois être mort. Ou dans un autre cauchemar. Je tends les bras vers « elle ». « Elle », celle que j’ai rêvé et que je veux chérir, aimer. Mais mes bras sont trop courts. Je tombe. « Elle » devient blanche, et lointaine. Je comprends. Je tombe dans un gouffre sans fin. Noir. Noir comme ...
... comme l’eau du puits de mon exécution.
Je ne peux plus respirer. Je ne vois rien, mais je le sens. L’eau est froide. J’ai peur.
Ce coup de Miyavi m’a tué ? Je m’enfonce de plus en plus.
Quelque chose me frôle. Cette chose, je la connais ! Je revis ce CAUCHEMAR !
NON ! NON ! Ca paraît tellement réel ! Je manque de souffle et ma magie est inopérante !
La chose me mord la jambe. Je cris ! Je CRIS ! Et une voix dans ma tête me dit Crie ! Jusqu'à ce que tu sois toi-même !Crie ! Même si c'est tout ce qu’il te reste !Crie ! Même si ça fait mal ! C’est la voix de Theo ! J’ai peur. J’ai mal.
Quelque chose me tire de mon enfer liquide. Je me laisse porter.
Je me retrouve alors sain et sauf, avec une impression de déjà vu. Je vois !
Dans mon cauchemar je retrouve la vue ! Et là, je reconnais l’école. L’école et ses 392 élèves.
Ce souvenir me tue, me fatigue. Je revois la scène pour laquelle j’ai été accusé et aveuglé. Je me vois. Ce jeune homme taciturne et solitaire. Il subit des moqueries d’autres élèves. Il se lève. Je me souviens.
Pour entrer dans l’école, il explose la porte. Je me vois le faire. Par la pensée, il le fait. Les mains et bras tendus le long de son corps, il arrête le temps lors de l’explosion. Tout le monde le regarde, certains rient. Le chaîne massif de la porte est encore en suspension.
Mon double s’avance vers le groupe d’étudiants qui rient de lui. L’un d’eux s’enflamme et hurle de douleur. Ses deux autres compagnons le regardent, de terreur, en train de mourir. L’un d’eux est un Spellsinger, une classe de mage qui manie l’eau. Celui-ci tente bien que mal d’incanter un sortilège pour arrêter les flammes. Le jeune homme est à terre. Il crie, et se laisse consumer lentement sans plus jamais rien faire. Horrifiés, les autres élèves tentent tant bien que mal d’endormir Nocturnal, enfin moi, lui... Un sortilège issu d’un mot puissant enflamme toute l’aile Ouest de l’école. Les élèves fuient. Beaucoup sont déjà morts. Des professeurs arrivent alors. Je m’avance vers les élèves, qui, dos à moi, s’enfuient de peur.
Les professeurs, des mages de très haut niveau, voient les cadavres calcinés à terre. En relevant les yeux, ils voient Nocturnal.
Quatre professeurs mourront. La folie meurtrière de ce jour-là me valut alors un score de 387 tués. Je me souviens que je m’écroulais après le carnage. Puis, plus rien.
Seulement des bribes de souvenirs.
Ma mère, au tribunal, me condamnant à la mort afin de m’offrir en sacrifice pour implorer le pardon, mon père, taciturne, qui ne pourra plus jamais profiter de la vie, quelques semaines après mon évasion, je le tuais et le mangeais.
J’ai mal.
***
Le morveux se réveille. Il me regarde de ses orbites vides. Son masque est déchiré.
« Salopard ». C’est tout ce que je récolte comme remerciement pour l’avoir aidé à survivre. Faut dire que j’ai dû me taper la moitié de l’arme de l’autre crétin de roi humain. Pas foutus de tuer quelqu’un à 200 contre un ...
Nocturnal se replonge dans son coma.
« Tu sais que c’est moi qui l’ai sauvé du puits lors de son exécution ? »
Cette voix vient de derrière moi. Je la reconnais.
« Bonjour, Theo. Qu’est-ce que ça fait d’être le double de Nocturnal ? Tu as fait comment pour sortir d’un corps et de devenir bien réel ? Hein ?
- Ecoute. Tu n’étais censé le savoir, mais, oui, je suis Nocturnal. Non, je ne suis pas réel. »
En me relevant, je regarde une dernière fois Nocturnal endormi sur le pavé de Goddard.
En me retournant pour parler à Theo, il n’est plus là. Nocturnal non plus.
Leurs deux corps, leurs deux esprits, ont disparus.
J’erre sans fin dans le pays. Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal. L’absence de Nocturnal ou le retour de Theo.
***
J’aime cette petite musique. Légère, mais pourtant si lourde par sa présence dans ma tête. Je crois qu’elle réagit comme moi, et vice et versa. Peut-être qu’elle est là exprès ?
Pour me dicter ma conduite, ma vie ?
Il faut que je joue. Le seul pianiste que je connais se terre dans l’ombre du monastère de la cité de Rune. Son nom est Frintezza.
Pendant quelques jours, je traverse la terre belle et fraîche des elfes. Je cherche Miyavi.
Parfois, il se plaignait pour un rien, mais sa volonté est bien développée, et fixe, rien ne peut le faire changer. Il n’a peur de rien, de personne. Je pense.
En passant dans les territoires elfiques, je tombe sur un tombeau. Je repense à Mimi. Ma jolie rousse. Qui m’a été arrachée. J’aurai pu la chérir, l’aimer le mieux possible.
Peut-être que la révélation du visage de son assassin est une déformation de la réalité ?
Je suis tellement perdu que j’en oublie l’endroit où je suis. Le tombeau de Shilen.
La déesse elfe noire de la mort.
Peut être que c’est ça, la fin de la musique dans ma tête. Elle me permet de me calmer. Mais lorsqu’elle se coupe, je deviens silencieux, associable et extrêmement énervé. C’est comme les chaises musicales, mais à l’inverse. C’est lorsque la musique s’arrête qu’il faut courir.
Parfois je me dis que je suis un enfant à problèmes. J’ai tué mon père, j’ai tué ma mère, et quelques centaines d’autres personnes dont je n’ai rien à foutre, et tout cela sans aucun regret.
J’adore cette musique.
Je me tiens debout devant ce tombeau. La peur me dit de ne pas entrer. Ma haine aussi.
Qui sait ce qu’elle peut faire ? Même si elle est morte, ça reste une déesse.
J’ai trouvé un super moyen de savoir quand je peux tuer quelqu’un sans faire exploser ma colère. Avant, je m’énervais parce qu’on me coupait dans ma musique. Mais j’ai trouvé le moment où je peux l’arrêter. C’est l’escalade dans les notes, c’est l’escalade dans la violence. La note mortelle, la note de la mort, la mort de la cible. Elle a bon goût, une bonne odeur, une bonne acoustique, et je la sens dans mes veines, quand vient le moment de tout péter.
Je trébuche sur une putain de pierre. C’est une main douce et féminine qui me fera relever si vite.
« Bonsoir ! Je m’appelle Nokura. Tu t’es perdu ? Tu saignes au genou !
- Je...Quelle voix magnifique. »
Elle rit. Son rire me perce, me traverse, j’adore...Un rire aigu d’une ...
« Je suis une elfe noire ! Tu as dû t’en douter ? Non ? Et c’est quoi ton nom ? »
Elle me questionne sans relâche. Je lui réponds que mon nom est Amadeus von Nocturnal.
Je sens son parfum, je sens son corps, je sens sa douceur, je sens qu’elle froid. Quelle idée de porter une jupe aussi courte dans ces régions montagneuses aussi ?
Je la suis.
***
Je me sens moins à l’aise sur le toit de ma main dans le village des elfes noirs. Je scrute l’entrée. Tiens ? Voilà ma sœur, avec ...
***
La caverne est grande, et Nokura me tient par le bras. Mais cette impression de distorsion dans ma vision me rappelle soudain, un souvenir qui me laisse imaginer le pire.
Comment a-t-il pu cacher ça ?
***
Je saute à terre.
« Nokura ! Tu fous quoi avec Nocturnal là ? Tu ne sais pas qu’il est recherché partout ?
- Je ne savais pas ! Mais comment tu le connais ? questionna-t-elle.
- J’ai essayé de le tuer. Mais le respect que je lui porte me l’a empêché et je l’ai laissé dans le coma. »
Mon petit morveux de Nocturnal regarde vers moi, et me fait penser qu’à tout moment je peux finir en steak grillé ou en je ne sais pas quoi.
« Nokura. Rentre. Maintenant.
- Très bien.
- C’est une affaire entre lui et moi. »
***
Ca y est ! La note de la mort, c’est le « do ». Je m’en souviens. Miyavi me regarde. Je ne perçois rien en lui. Je le croyais émotif mais rien ne s’échappe. Son aura reste pour moi noire et absente de forme. Nos « yeux » se rencontrent.
Miyavi laisse échapper une larme.
« Mon Nocturnal ! J’ai eu si peu d’espoir de te revoir en forme ! »
Il m’agrippe et m’enlace. J’ai l’air d’un nain dans ses bras.
« Viens, je vais te présenter à ma famille. »
Ma bonne humeur est justifiée. J’entends ma musique préférée. J’ai une envie soudaine d’aller à ...
« Cruma Tower, tu connais ça Nocturnal ? »
C’est Nokura qui demande.
« Non, jamais entendu parler, mais j’ai la vague impression d’y être allé, lui répond-je.
- C’est une grande école de magie. L’un de nos professeurs y vit même !
- Tu étudies là-bas ? Tu as appris quoi ?
- La magie noire.
- Comment s’appelle ton professeur ?
- On l’appelle Monsieur Theo. »
La surprise se lit sûrement sur mon visage. Miyavi n’avait rien dit. Je posais une dernière question :
« C’est dans la jungle ta tour ?
- Oui, dans la jungle, dit-elle d’une voix douce.
- Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ça ne m’étonne pas. »
La maison de Miyavi est grande et accueillante. Je m’endors. C’est le deuxième rêve érotique que je fais. Mais cette fois, avec Nokura.
Oserais-je un jour lui avouer ?
Pour qu’enfin elle comprenne ?
Pour que moi-même je comprenne ?
Pour que quelqu’un s’attache à moi ?
Pour que quelqu’un m’aime ?
Je ne suis pas en mal d’amour, je suis en manque d’affection, peut-être dû au manque d’affection lors de toute ma vie ?
Je me souviens de Mimi. Elle ne vivait que pour ses amis. Que pour son art de l’épée, et de l’arc. Alors que Nokura, c’est plutôt la grande aventurière !
Pour en revenir au clan formé, il y a quelques semaines. Miyavi et moi recrutions ceux qui le méritaient. Aucun pré requis, hormis celui de savoir comment tuer.
Dans le clan, se trouvent à ce jour :
- Solyhan, elfe noire, prêtresse de Shilen.
- Nylah, elfe noire, guerrière de type double lame.
- Dean, humain, fort, une classe hybride, étant un paladin ayant sombré dans le meurtre. Sa puissance au corps à corps est incontestable et il est entièrement dévoué au clan.
- Line, une humaine nécromancienne.
- Swell, un elfe puissant, le meilleur Spellsinger du monde, abandonné par son père. Très jeune il a dû se débrouiller seul. Il développa une grande capacité mentale.
Et bien sûr, Miyavi et moi.
Dean était un paladin. Toujours en quête de Lumière, il s’est résolu un jour à tuer toutes les viles créatures qui se mettraient sur sa route. On raconte qu’il aurait, machinalement, tué un groupe d’enfants qui jouaient. C’est dans la folie que je le récupérais.
Avec le clan, un jour, nous le cherchions. Depuis plusieurs semaines il avait disparu et sa dernière apparition fut à l’entrée du repaire d’Antharas. Nous marchions depuis des heures dans ce labyrinthe de pierres. Jusqu’à ce que des cris nous interpellent : un groupe de succubes extrêmement dangereux formaient un cercle autour de Dean. Muni d’un bouclier et d’une armure en acier, il ne craignait presque rien. Presque rien. Lorsque nous arrivons, il tombe et meurt.
Les corps des succubes encore brûlants, nous approchons du cadavre de Dean. Solyhan le « réveilla » comme elle dit.
En me voyant, Dean s’agenouilla et retourna au combat.
« Il continuera à tuer tant que tu ne lui diras pas d’arrêter.
- Je sais, Line. Ca suffit DEAN ! »
Celui-ci s’arrêta sur place, les cadavres encore fumants autour de lui.
« J’ai le plaisir de vous annoncer que nous détenons le château de la ville de Dion ! » dis-je à ce moment-là.
Et tous s’exclamèrent gaiement.
Pendant la nuit, avec Miyavi, nous avions attaqué le château. Pas n’importe lequel d’ailleurs, celui de Dion, l’un des plus convoités.
La paix s’installa peur à peu entre les autres clans, alors que nous, les Mortem, étions constamment attaqués par toutes sortes de groupes.
Le principal groupe auquel nous avions affaire était celui de Tibo et de son père Vignous. Le clan des Celtes. C’était un clan assez puissant, mais dont la jalousie et la cupidité le rendait peu fiable. Certains s’étaient joints à ce clan dans l’illusion d’une force qui restera au niveau de la terre. Le clan de Tibo possédait Giran. Les taxes étaient gonflés à un tel point que la plupart des rues étaient désertes, à part les quelques pigeons étrangers de l’ancien clan de Sreeta Peka.
Un jour, un groupe de ce clan arriva à Goddard, que nous convoitions, mon clan et moi. Tibo me regardait d’un air complètement abruti. Issu du viol d’une elfe noire par un orc ignoblement laid, il semblait toujours chercher la perfection, quitte à copier Miyavi et même tout mon clan. Une bagarre éclata entre le groupe de Tibo et celui des étrangers.
C’est avec plaisir que je répondis à l’appel d’aide des étrangers.
***
Ce cinglé de Nocturnal vient de détruire le clan de Tibo. Du moins une partie. Le groupe qui venait de se pointer à Goddard est complètement défoncé. Je crois que ce petit con de Tibo s’en est sorti, mais tout le reste gît sur le sol. Tous comme les étrangers.
***
Des fois je me demande si à cause de mon écriture quotidienne je ne vais pas lâcher. Je crois que je ne suis pas assez drôle. Je sais bien, c’est Swell qui me l’a dit.
***
Un journal fut retrouvé dans le bateau "La fleur d'ébène" après son arrimage sur un quai de l’Ile Parlante. Se tenait à côté le cadavre d’un homme qui semblait être le capitaine. Le sang coulait, le cadavre déchiqueté avec violence n’avait plus de bras, plus de jambes et les yeux étaient arrachés. Ceci est la dernière page.
"Lors du voyage pour Elmoreden, notre navire qui voguait à 12 nœuds s'arrêta en pleine nuit, toutes voiles dehors. Ce jour là, en plein océan, le reflet de la pleine lune laissa entrevoir à l'équipage et moi-même des bulles noires qui remontaient à la surface.
Cette intrigue fut révélée comme étant surnaturelle, les marins étant superstitieux.
Une légende à propos de vampires existe : lors de la pleine lune, à 1000 lieues de la terre d'Elmore, on peut apercevoir certains phénomènes étranges.
Les bulles noires s'accentuaient et nous nous étions emparés de nos armes.
Alors remonta à la surface un jeune homme à la peau blanche, dont les orbites étaient vides.
Il était inconscient, jusqu'à ce que le plus jeune des marins le toucha.
Il se leva d’un coup. Il ne disait rien, et son visage se posait sur chacun de nous. Quelle frayeur quand un jeune homme dont les orbites vides vous regarde...
Merig leva son épée, mais le jeune homme, bras et main tendus vers lui, le força à abaisser sa garde. Pendant un court instant, Merig se retira et trembla. Il dit que l'on devait à tout pris l'enchaîner en fond de cale. Il courut un peu partout dans le navire, et revint de sa couchette pour nous montrer un parchemin qu'il détenait d'avant sa vie maritime. Tandis que les autres marins enchaînaient et enfermaient le jeune humain, il décrivit l’image d’un avis de recherche.
La stupeur se lisait sur les yeux des marins. Un meurtrier à bord ? Moi, capitaine, je voulus aller réveiller le criminel et lui parler. Je me dirigeais vers la cale. Le petit ne bougeait pas, le dos collé au mur, la tête rabattue vers sa poitrine. Il prononça mon nom :
Mistral...Mistral...Pourquoi ? Que t'ai-je donc fait ? As-tu peur de moi ? Hum...
Je pris mon courage à deux mains et lui demandait : Comment te nommes-tu petit ?
Je m'appelle...Amadeus von Nocturnal.
Ce nom me rappelait vaguement quelque chose. Il resta muet pendant un court instant et lorsque je me retournais pour monter sur le pont, un bruit, puis plus rien ne reliaient les chaînes... Elles avaient fondues. Je me posais dans un coin pour écrire ceci.
J'eu peur un moment, et quelque chose m'agrippa par derrière venant du haut.
Un coup sur la tête m'assomma, et lorsque je me réveillais, je me retrouvais dans cette cale, à mon tour enchaîné. Le jeune meurtrier me regarda depuis l'ombre.
Le jour se lève, disait-il, mais je t’en prie, continue d’écrire ce que tu vis.
Il m'envoya un carnet et une plume ainsi que de l'encre rouge. Rouge ? Du sang !
Il remonta vers le pont, mais lorsqu'il referma la trappe, du sang coula par les failles du bois.
Le vampire me laissa quelques jours où quelques semaines ici, m'apportant pourtant à manger et à boire. J'ai peur pour ma vie.
Ce gamin est immonde, il m’emprunta mon couteau. Cette chose, je ne l’oublierais jamais.
Il porta la lame à ses paupières, et les découpa afin qu’elles ne le gênent plus. On voyait ses orbites vides sans que les paupières recouvrent parfois ces trous noirs.
Pendant quelques minutes, il cria. De douleur, j’espère, et son cri était affreusement mortel.
J'écris sûrement mes dernières lignes, mais ce morveux m'agace, il chante à tue-tête un air qui me fait froid dans le dos, alors que je l’entends de plus en plus fort. La trappe s'ouvre, la lumière m'aveugle. Ma bougie s'éteint lorsqu’il s'approche de moi en riant.
J'ai peur, il me regarde *écriture vive, cernée de gribouillages* j'ai peur, j'ai peur, il rit, il s'approche, il s'approcheeeeeee... »
Le navire fut retrouvé vide. Sauf le cadavre du capitaine, qui gisait dans la cale, le journal à la main. Les membres de l’équipage ne furent jamais retrouvés.
***
Flashback
Je me réveillais au centre d’une pièce à l’architecture semblable à celle des églises gothiques. Je ne me sentais pas bien. J’essayais d’ouvrir les yeux, mais j’ai dû me rendre à l’évidence qu’ils n’étaient plus là. Ma haine se mêla à ma douleur. Je connaissais la raison de ma cécité. Mais d’une certaine façon, je ne ressentais rien physiquement. Comme vide, en absence de sentiments. J’allais être seul dans mon esprit dont les « portes » sont à présent fermées. Jusqu’à ce qu’un souffle chaud m’atteigne au visage. Je le sentais et de peur, je demandais : « Qui est là ? »
Dans un premier temps, personne ne me répondit. Je me questionnais sur mon sort, et, en me demandant une énième fois « pourquoi »...
« Parce que tu es un peu trop jeune pour crever. » me répondit une voix douce.
« Qui êtes-vous ?
- Je suis Theo. »
Au moment même où il prononça son nom, il m’apparu en aura blanche dans mon univers noir.
« Vous êtes un dieu ? osais-je demander.
- En quelque sorte, oui. »
Je sentais son sourire. Il m’apparaissait comme un humain de mon âge. On aurait dit un miroir tellement il me ressemble.
« Tu sais, c’est moi qui t’ai sauvé.
- Comment ?
- Lors de ta condamnation à mort, dans le Puits, j’étais là. Au fond. J’attendais.
- Vous auriez pu intervenir plus tôt, pour sauver mes yeux.
- Ecoute Nocturnal. Tu as tué trop de gens pour que je te fasse une faveur. »
Je ne répondis pas.
« Ils vont jouer un rôle pour ma vie ?
- Leur absence te renforcera. »
Je le sentais approcher de moi.
« Vois-tu, il y a deux types de force. L’une, est celle de la volonté, et l’autre est celle de la colère. Si tu le veux, tu peux améliorer ces forces et les contrôler en même temps.
Je vais te donner la vie, en quelque sorte. »
Je sentais un vide en moi.
« Qu’est ce que tu m’as fait ? Tu n’es pas un dieu ?
- Si. Le dieu de TA souffrance. J’ai existé au moment où tu as voulu un dieu pour te secourir.
Maintenant, tu es une pauvre merde. »
De rage, je courus le plus loin possible de mon bourreau. J’arrivais à un ponton. Une barque y était attachée. Je trébuchais et tombais dedans.
Mon transport partit à la dérive, là, à coup de poings acharnés, je détruisis le fond de la barque.
Dans la nuit noire, je sentis le contact de l’eau.
Froide.
Glaciale.
Meurtrière.
Je coulais.
Je me réveillais au centre d’une pièce à l’architecture semblable à celle des églises gothiques.
Theo me regardait ; je crois. Je sentais sa présence en moi.
« Nocturnal. Suis-moi.
- Où allons-nous ?
- A Giran. Rencontrer ton avenir. »
Pendant trois jours, nous avons traversé la moitié du continent. Une ville immense se mouvait dans mon intra vision. Mais à partir de là, mon esprit devint sombre. Une hallucination ? Je sentais quelque chose d’immense, de puissant. Cette chose parla.
Une voix terrible, avec pourtant une touche féminine.
« Salut Theo. Comment vas-tu ?
- Bien, bien. Je te présente Amadeus von Nocturnal. C’est un magicien qui sort juste de l’école de magie d’Einhosant.
- M’étonnerais, vu le nombre de morts là-bas.
- C’est lui qui a causé tout ça.
Le silence qui suivit ne m’indiqua pas grand chose. J’entendais leur deux voix chuchoter.
« Bien, bien, dit Theo.
- Theo, demandais-je, c’est qui lui ?
- C’est Miyavi. Ton mentor. »
Quelle stupéfiante déclaration ! Mon mentor ! Un elfe noir !
« Ce n’est pas tout, je suis là pour autre chose. Viens, Nocturnal, on va te choisir de nouveaux vêtements et une arme. »
Theo me proposa un assortiment de tissu et autres, au toucher, ils étaient parfois doux, ou râpeux...
« Ca, c’est du karmian. Il me donna une étoffe que je « voyais » vert, d’un vert magique.
- Et ça fait quoi ?
- C’est un habit qui vient du Darshan, au-delà des terres d’Aden. »
Il me le reprit et me donna un autre genre de tissu.
« Ca, c’est du demonic. »
A partir de ce moment, le « tissu » sembla réagir à mon approche.
« Bien, bien ! Ca améliore la puissance, ça ne m’étonne pas qu’il réagisse comme ça.
Voyons l’arme. »
J’entendais le son d’une bonne dizaine d’épées et de bâtons en bois tomber à terre.
« Pourquoi utiliser une épée ? Un mage ça lance des sorts non ?
- Et quand tu n’as plus de mana ?
- De mana ?
- Une énergie vitale en chaque individu. Sa présence est plus ou moins influencée par la force mentale de la personne.
- Je n’ai jamais été à court de mana alors.
- Ah ouais ? On va voir. »
Theo lança un sortilège. Je l’entendais incanter. Comme je ne bougeais pas, il lança toute sa puissance dans le but d’absorber mon énergie.
Au bout de longues minutes, il montra des signes de faiblesse alors que je ne sentais rien. Theo voulait me faire réagir. Il s’usait. Il disparut.
***
Voici comment finit la première partie de l’histoire de Nocturnal, et de Miyavi. |