Voici une seconde nouvelle, qui comme la précédente a été écrite sur le vif. En espérant qu'elle vous plaise, je serais triste de décevoir mon lectorat.
La boîte en bois.
La rivière haute coulait rapidement à proximité de nous. Malgré sa présence, la végétation était rare en cet endroit seul deux arbres rabougris se livraient une compétition, à celui qui survivrait le plus longtemps dans cette mauvaise terre. La pluie ruisselait sur le coffret de bois qui était disposé au centre du groupe.
Maureen tenait un mouchoir près de son visage où se mêlaient la pluie et les larmes. Je rigolais en pensant que son mouchoir était un peu inutile mais je ne le lui dis pas. Christian la soutenait. On aurait dit qu'elle était incapable de tenir debout. Si Christian n'avait pas été là, elle se serait avachie sur le sol se confondant avec les masses sombres qui nous entouraient. Simon, stoïque, regardait silencieux le coffret au sein de son antre. Les cinq personnes restantes m'étaient inconnues: un homme barbu se tenait juste derrière Simon, un homme au teint sombre regardait le fond de la cavité mélancoliquement, un troisième individu avec des lunettes se tenait à la gauche de deux femmes se tenant par la main et qui observaient le coffret en souriant. Elles seules étaient dotées d'un parapluie.
Je n'avais jamais vu un ciel si noir. Son bleu avait été mangé par un amoncellement de nuages épais et noirs. La couche de nuages devenait de plus en plus menaçante. La masse sombre semblait descendre sur nous.
Le sol était boueux. La terre, tellement gorgée d'eau, en était devenue noire, un noir d'obsidienne. Elle était prête à nous happer en son sein, nos pieds s'enfonçaient et la terre gagnait du terrain. Elle couvrait partiellement le dessus de mes chaussures.
Lorsqu'un éclair zébra le ciel, le barbu se retourna et marcha en direction de sa voiture. Lorsque le moteur vrombit, le tonnerre gronda et Maureen laissa échapper un petit cri; Simon ainsi que l'une des deux femmes sursautèrent. Les quatre inconnus partirent quasiment tous au même moment. Il ne restait plus que Simon, Maureen, Christian et moi.
Je me rendis jusqu'à l'arbre qui se trouvait derrière moi et je ramassais les deux pelles qui s'y trouvaient. Revenant vers le trou, je tendis l'une des pelles à Simon et l'on se mit à enterrer le coffret de bois à l'aide du petit tas de terre que nous avions constitué peu de temps auparavant. On tassa la terre molle avec le dos des pelles quand on eût fini de reboucher.
Alors que j'avais arrêté de taper la terre, Simon continua le geste. Jetant ma pelle dans la rivière, je me retournais vers Simon qui n'avait point arrêté et se mit à pousser un cri de rage, un cri de désespoir. En réaction, Maureen se mit à sangloter de plus en plus fort. Tout en attrapant le bras gauche de Simon, je m'écriais:
- Arrête! Simon arrête! Il ne sert plus à rien de s'énerver. Tout est fini, maintenant. On ne pouvait pas faire autrement et tu le sais.
Au moment, où j'avais posé ma main sur le bras de Simon, il avait automatiquement arrêté le geste devenu mécanique, fou et brutal. Je savais que ma voix et le contact de ma main sur son bras l'avaient rasséréné aussitôt. Il me regarda tristement et me remercia de son regard de l'avoir sorti de cette folie passagère. Je lui repris la pelle et la jetait à son tour dans la rivière torrentueuse.
Maureen n'avait pas cessé de pleurer et ses pleurs ressemblaient plus à des hurlements maintenant. N'y pouvant plus, je m'écriai:
- Ta gueule, Maureen! Tu veux bien arrêter de gémir et hurler à la mort. Tu nous saoûles à geindre comme ça.
Mes paroles n'eurent pour effet que d'accentuer les larmes de la jeune femme. Je remarquais que Simon avait de plus en plus de mal à contenir sa colère et je me rapprochais de lui et posais ma main sur son dos. Je sentis immédiatement que ma main avait un effet calmant sur Simon. Mais finalement, à ma plus grande surprise, ce fut Christian qui hurla:
- La ferme! Non, mais tu crois que je vais supporter ta crise pendant tout le trajet. Tu es usante, tu mets à cran tout le monde.
Loin de s'offusquer de la première offense en public que lui faisait son mari, Maureen continua à gémir et de plus belle. Finalement, je ressentis que ma main carressait le vide, le dos de Simon n'était plus sous le charme apaisant de mes doigts. Un énorme claquement retentit dans le lieu désert et il ne s'agissait pas de l'orage, cette fois-ci. La main gauche grande ouverte de Simon restait pendue à quelques centimètres à l'opposé de la joue qu'elle avait frappée durement. Une marque rouge carmin avait empli la droite du visage de Maureen. Cette gifle avait au moins le mérite d'avoir fait cesser les hurlements, pleurs et gémissements. Surpris sur le coup, Christian n'avait pas réagi tout de suite et cria:
- Non, mais t'es malade Simon! Si je te reprends un jour à claquer ma femme, c'est à mon poing que tu pourras goû....
- Ramènes Maureen chez vous et remercie-moi d'avoir stoppé sa crise plutôt que de me menacer! Sur ce, bonne route!
Ne relevant pas l'interruption, Christian reçut l'ordre cinq sur cinq. Supportant sa femme jusqu'à la voiture, il la fit s'asseoir à la place du mort et contournant rapidement la volkswagen, il se mit derrière le volant. Il démarra en trombe et la voiture ne tarda pas à disparaître derrière un nuage de poussière et le rideau de pluie.
Regardant Simon de dos, je me surpris à remarquer que c'était la première fois que je le voyais si autoritaire. Une bouffée d'amour telle que je n'en avais jamais ressentie me confirma que Simon était le bon. Le rejoignant, je l'enserrais et posais mes lèvres sur la peau sucrée de son cou. Il posa une de ses mains sur ma tignasse blonde qu'il carressa avec intensité. Le retournant, j'empoignais son visage et l'embrassais tendrement. Sa langue rencontra la mienne et elles exécutèrent un ballet langoureux. Des larmes se mirent à perler sur son visage. Essuyant ses larmes avec mes pouces, nos langues se retirèrent.
Je partis en direction de la voiture et je me retournai à mi-chemin. Simon avait le regard vissé sur le sol là où la terre avait été remuée il y a peu. Regardant la silhouette de Simon une dernière fois, je repartis vers notre voiture. Me glissant derrière le volant, j'attendis que Simon me rejoigne. J'eus une dernière pensée sur ce que contenait la boîte en bois et les larmes montèrent au coin de mes yeux. Simon se retourna et le regardant avec passion, je lui souris. Sourire qu'il me rendit. Il me rejoignit dans la voiture et l'on partit loin de cette boîte. Loin de cette boîte en bois que je n'ai jamais oublié ainsi que son contenu.
Oui, je sais! La fin de ma nouvelle ne dévoile pas le contenu de la boîte

! Désolé, j'ai pas pu résister. Tenter votre chance de le découvrir. Si vous recevez un MP, c'est que vous serez tombés juste. Mais sincèrement, j'espère que personne ne devineras. Il existe des indices dans le texte mais d'autres passages peuvent au contraire vous dérouter de la solution. Sur ce, à la prochaine.
Excusez-moi d'avance pour les fautes, s'il y en a. J'avoue qu'un certain temps de conjugaison m'a mené la vie dure pendant mon écriture.
edit: Honteux de mes propres lacunes, je n'éditerais cependant pas l'aveu de ma propre bêtise, alors qu'au jour d'aujourd'hui les principales fautes de mon texte ont certainement, elles disparues en grande partie par ce même edit grâce à mon correcteur personnel, j'ai nommé Alton! Heureusement que je ne fais pas tant de fautes dans mes autres posts car sinon ..... Qu'en sais-je au fait?
Index mis à jour!