Poème pas mal du tout, je trouve.
L'idée d'une mort paisible et sans regret est bien rendue. Ca me ferait presque penser au "Dormeur du val", poème dans lequel Rimbaud évoque avec beaucoup pde sensibilité et de pudeur un soldat mort.
Par contre, si je peux me permettre quelques petites remarques de construction :
- Tes strophes correspondent globalement à des phrases, mais tu ne mets pas de point final. Au début je me suis dit que peut-être tu avais choisi de ne pas utiliser de ponctuation du tout comme je l'ai déjà vu dans certains poèmes ou même écrits (roman, théâtre) puis j'ai vu qi'l y avait quand même les virgules et une fois des deux-points. Est-ce fait exprès ?
- Dans le premier tercet, j'avoue que le présent simple
"je partis" m'a surpris puisque dans tout le reste du poème tu emploies l'imparfait, qui renforce l'idée de lenteur qui tu évoques explicitement notamment dans "
la vie qui doucement me fuyait".
Au contraire, le passé simple donne une impression de brusquerie, de coupure nette. Là encore est-ce volontaire ? J'aurais préféré tous les verbes à l'imparfait, pour rester dans ce temps ralenti qui va mieux avec le reste du texte et puis du thème aussi.
- Enfin, le second tercet n'est pas une phrase complète, du coup, j'avoue que j'ai un peu de mal à le relier au reste du texte, parce que cette trophe aurait pu être un rappel du second quatrain :
"La vie qui me fuyait [...] m'endormait [...] / Cette vie que je laissais [...]"
Mais je trouve que c'est trop éloigné puisqu'entre les deux strophes, il y a le premier tercet qui est complètement différent. Mais je t'aurais proposé de revoir le premiers vers du dernier tercet en te suggérant par exemple :
"cette vie, je la laissais sans remords", ce qui permet à la fois de donner une unité de sens à la strophe (puisque phrase complète et "autonome"), de garder le rappel au second quatrain, et de respecter ta métrique (décasyllabe) si je ne m'abuse.
Voilà pour mes humbles remarques, en toute franchise et amitié.
