L'Île Noyée
Genre : Aventure, Réflexion, Point&Click
Support : PC
Développeur : White Birds Productions (sous la houlette de Benoît Sokal)
Editeur : Micro Applications
Date de sortie : 4 Octobre 2007
Site officiel en français (très utile, mes images de la présente fiche viennent de là)
Prix : 40 €
Résumé :
Alors que la tempête fait rage sur les îles maladiviennes, le commissariat de Salé reçoit un appel. On a retrouvé le cadavre de Walter Jones sur l'île de Sagorah, la même île ou le milliardaire vivait après avoir fait construire une tour dispendieuse mais au goût architectural Art Déco certain.
L'inspecteur Jack Norm y est envoyé par hélicoptère afin de clarifier la situation.
Personnages :

A gauche : vous, l'inspecteur Jack Norm
A droite : la victime, le milliardaire Walter Jones

Les suspects présents sur l'île la nuit de la mort de la victime, de gauche à droite :
- Baïna, une autochtone de l'île agée de 20 ans muette à la suite d'un accident
- Cristrina Bromski, une expatriée russe « amie » de Marco très séduisante
- Marco Jones, petit-fils de Walter Jones, actuellement lancé dans une course électorale
- Kolio, un autochtone de l'île pêcheur, père de Baïna
- Martin Abruzzi, mari de Sonia, scénariste
- Billy Jones, petit-fils de Walter Jones, un joueur invétéré
- Clara Jones, épouse de Billy
- Lorenzo Battaglieri, l'architecte de la tour Jones
- Hubert de Nolent, l'avocat de feu Walter Jones
- Sonia Jones, petite-fille de Walter Jones, une femme forte qui a des connaissances anthropologiques
Gameplay :
L'Ile Noyée est un jeu d'aventure Point&Click classique. Les décors sont des plans fixes en 2D tandis que les personnages sont en 3D. La vue est bien évidemment à la troisième personne. Tout se fait à la souris. Vous vous déplacez d'un plan à un autre en cliquant vers les bords de l'écran quand c'est possible. Vous vous déplacez en cliquant (un clic simple pour marcher, un double clic pour courir) dans le plan.
Le curseur peut changer. Il prend la forme d'une main quand vous pouvez prendre un objet, la forme d'une loupe pour regarder un endroit en particulier, la forme d'une bulle sur une personne pour lui parler, une sorte d'étoile lumineuse quand on peut interagir de façon particulière.
Vous aurez à votre disposition deux inventaires. Le premier, personnel, stocke les objets qui pourront vous être utile pour votre enquête, comme de la poudre pour relever des empreintes.
Le deuxième est le plus utile : c'est le PPA, le Personal Police Assistant. Cette sorte d'ordinateur de poche couplée à un inventaire sera crucial. Il comprend trois onglets. Le premier, intitulé « Supects » regroupe les informations génériques, ainsi que les éléments à charge et à décharge sur chacun d'eux. Vous y trouverez le lieu où ils vivent sur l'île ainsi que l'endroit où vous pourrez les trouvez. En effet, dans l'Ile Noyée, les personnages bougent : ils vont à la cuisine quand ils ont faits, ils vont dormir une fois la nuit tombée... ce principe s'appliquent aussi à vous.
Le troisième onglet regroupe les mandats. Pour vous simplifier un peu la tâche, votre enquête est subdivisée en mandats, comme par exemple : « La mort de Walter Jones est-elle accidentelle ? » Vous pourrez en changer facilement d'un simple clic ou regarder ceux que vous avez déjà résolu. Pour des raisons d'ergonomie, il aurait été plus pratique à mon sens que ce dernier soit regroupé au deuxième onglet du PPA.
Le deuxième onglet, intitulé « Indices », est donc la clé du jeu. Il contient un inventaires des objets qui peuvent vous aider à résoudre l'enquête : les
Déclarations des personnages, les
DOCuments, les
Preuves matérielles, les
PHOtos ou encore les
Empreintes. Vous disposerez d'un comparateur qui vous permettra de comparer comme son nom l'indique, les empreintes trouvées sur un objet et ceux d'un individu ou encore des empreintes de pas à des chaussures par exemple. Il y aura une barre de progression qui vous indique grossièrement le nombre d'objets qu'il vous manque pour résoudre un mandat. Il vous faudra aussi déterminer quels éléments permettent de résoudre un mandat en les sélectionnant et en cliquant sur résoudre. Attention, la logique est parfois spéciale...
Il existe deux modes de jeu : « aventure » et « contre-la-montre ». Le deuxième est identique au premier si ce n'est qu'il vous faudra résoudre les mandats en temps limité.
Avis Personnel :
Grand fan de Syberia premier et deuxième volume, j'ai eu envie de m'intéresser à ce jeu qui, s'il n'a pas vraiment été fait par Benoît Sokal, a été au moins supervisé par l'inventeur de Canardo. On y retrouve le point clé d'un made by Sokal : des décors somptueux, propres au rêve. La tour Jones vaut bien l'université de Barrockstadt ou le village Youkol. Etant donné les connaissances en architecture, je ne m'aventurerai pas à dire si le style est bien Art Déco mais... en tout cas on en prend plein les mirettes.
Sokal présente ce jeu pas tant comme un jeu d'aventure que comme un roman policier qu'on doit écrire. Ce n'est pas vraiment faux. Ici, point d'élément fantastique et c'est tant mieux. Par ailleurs, si on n'a quand même pas la qualité d'écriture d'un polar de haut vol (j'avais lu une comparaison avec « Les Dix Petits Nègres », il faudrait que les critiques évitent de boire quand ils pondent un article) mais il a assez fascinant. Les rebondissements sont nombreux et suffisamment surprenants pour qu'on se passionne pour ce monde certes moins imaginatifs qu'un Syberia mais très intéressant.
Le jeu présente certes des lacunes. L'ergonomie n'est pas parfaite. Mais surtout on pourra rager devant le nombre de plans inutiles – excepté pour la beauté des décors – notamment avec les aller-retours inévitables dans ce genre de jeu.
Le jeu n'est pas forcément ni très long (j'ai du le boucler en 5 ou 6 heures) ni très difficile. Les amateurs du genre n'auront pas forcément un défi mais l'expérience peut être intéressante pour des débutants je crois. A noter que l'Ile Noyée ne devrait être que la premier volet des « Enquêtes de Jack Norm », une série en développement.
Ceux qui cherchent un Syberia 3 (Amerzon était déjà quelque peu décevant) ne le trouverons pas mais ce n'est pas un jeu décevant loin s'en faut.