Je l’ai aperçu, dansant et virevolant non loin de la scène.
Foulant le sol
Aérienne et frivole.
Mes doigts courait sur les cordes et elle sautait sur mes notes. Je chantais ma vie, je ne savais faire que ça. Elle me regardait, sa voix s’envolait elle aussi. Sans honte, elle pleurait et riait sous les assauts de mes histoires. Que venait-elle faire ici ? Apparition du hasard, sûrement tombée de son ciel, attirée par la musique et les voix. Quand nos regards se croisaient, ses yeux lumineux, passionnés, me couronnaient roi.
Un doux silence
Et sa silhouette qui danse.
Je l’ai revu, debout sur des barricades. Sa longue jupe volait avec le vent. Avec ce long bout de tissu coloré, elle était le drapeau vivant des utopistes. Ses longs cheveux noirs sautillaient joyeusement sur son dos et les reflets de hénné la faisaient resplendir. L'on ne voyait qu’elle dans les haines ancestrales.
Une jupe de merveilles
Morceau d'arc en ciel.
Elle était à toute les manifestations. Le poing levée comme une guerrière, ou simplement assise, à défier le monde avec sa douce insolence. Je la voyais partout, elle me hantait, elle était présente dans la moindre lettres de mes ballades. Dès que nos regards se croisaient, une chaleur me submergeait, faisant fondre tout mes rêves.
Son rire léger,
Emprisonnée,
Liberté, liberté !
Elle aimait tout le monde. Ses bras ouverts accueillaient n’importe quel paumé, n’importe quel déçu. Que racontait-elle ? Quelles histoires connaissaient-elle ? Son passé, elle ne voulait pas le livrer et son futur, elle ne perdait pas de temps à l'imaginer. Elle vivait, continuellement et sans broncher, s'étourdissant dans sa ronde. Je continuais à chanter, à animer leurs rassemblements. Elle, elle rallumait toutes les cendres, ravivait tout les feux d’espoir. Sera-elle plus forte que la réalité ?
Noire, pleine d’espoir,
Refusant de choir.
Les bus flambaient, les gens tombaient. Mes doigts continuaient de courir sur les cordes, ma voix flirtait avec leurs démons. Elle était toujours là, cherchant la vie dans ma musique. Ses yeux brûlaient d’une rage sourde devant son monde. Une seule couleur pour la peur. Sa jupe tournoyait, tournoyait. Même le temps semblait se stopper pour mieux la comprendre. Elle essayait et mélangeait, tentant de changer son univers. Seulement des caprices d'ange !
Un coup de revolver
Défaite amère.
Le monde tourne toujours. Les utopistes ont rangé leur rêves et les barricades sont enfermés dans les greniers. Le monde n’a pas changé et les batailles sont oubliées. Quand je joue, quand ma musique résonne, elle n’est plus là pour danser. L’éclat de ses jupes n'est plus là pour m’enivrer, je n’ai qu’un souvenir pour m’inspirer. Dans les mémoires d’idéalistes, d’enfants et de rêveurs, elle restera une Reine au pied aérien et au rire enchanteur. Pour les autres, elle aura été noire.
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Quel hasard ! J'ai écris ça hier, et en me baladant sur hyjoo ce matin, je trouve un topic sur ce thème là ^^
(je sais vous vous en fichez, mais j'ai trouvé la coincidence jolie)