Avec une mise en situation, on trouve beaucoup plus facilement l'inspiration...
Amour automnal
Automne. La douce lumière du Soleil me berce. Malgré le vent qui fait bruisser les feuilles encore vertes et chuter les autres, je t'attends. Près d'un arbre, sur un banc, je désespère ta venue.
Comme toujours, je patiente, alors que je sais très bien que tu n'es pas là, que c'est moi qui doit te trouver et non l'inverse.
Le Soleil a été voilé par les nuages. J'ai froid. Mais je ne bouge pas. Je pourrais accidentellement te louper.
Les gens marchent autour de moi. Certains se demandent ce que je fais là : un stylo et du papier à la main. Je lève les yeux à ta recherche mais je ne vois que des individus des plus communs, rien d'extraordinaire.
J'espère juste qu'il ne pleuvra pas. Je n'aime pas le mélange d'encre et d'eau imbibant le papier. Cela me rappelle des larmes. Ces fines gouttes que je me refuse d'essuyer et qui finissent par traverser tout mon visage avant de s'écraser sur ce que j'écris.
Le peu de chaleur qu'il me reste vient de minces rayons de Soleil qui me frappe comme pour me dire de ne pas décourager, d'arrêter cette idée folle et de courir avec eux à ta recherche.
Sous le vent, une branche penche vers moi et libère quelques feuilles... Un signe? Réconfort ou compassion?
La lumière s'abaisse et les ombres s'élargissent. Je n'ai aucune envie de finir à nouveau dans l'obscurité. Quitte à devenir aveugle, je préfère que ce soit en te regardant de force qu'en m'enfonçant dans la noirceur de la nuit.
L'odeur d'un feu me fait relevé la tête. Des rires, des voix, des gens. L'existence d'une communauté alors que je suis ici, étrange. Ils restent hors de ma vue. De toutes manières, je ne cherche pas la compagnie, je ne cherche qu'elle.
Mes doigts sont gelés. Je souffle dessus pour les réchauffer. Encourager par mon ardeur, le vent reprend de plus belle.
On parle de moi. Au loin, je les entends. Je suis un bien étrange personnage. C'est sûr. A voir un comportement, je ne suis pas comme eux. Je ne les aime pas. Je ne sens aucune aura se dégager d'eux.
Au loin, j'aperçois des personnes que je connais. J'espère seulement qu'il ne me remarqueront pas. J'apprécie ces moments de solitude. La solitude permet de se questionner, se remettre en question. Pourquoi moi? Pourquoi elle? Pourquoi nous? Pour quelles raisons je suis ici?
La mine est déconfite. Ce ne sera pas non plus aujourd'hui. Je rêve trop. Il faudrait que j'arrête mais je n'y arrive. Mon esprit a besoin d'évoluer, de connaître de nouvelles choses. Je déteste mon monde. Je ne le connais que trop.
L'heure joue contre moi. Il est temps.
Je vais me lever quand une silhouette se détache dans la pénombre. Serait-ce elle? Elle a des yeux similaires, presque la même taille.
Non. Ce n'est pas elle.
J'en ai marre de ce mélange horrible de sentiments qui m'étouffe. Je prends mon visage entre mes mains et je me griffe comme si je voulais arracher un masque.
Il faut que tu disparaisses de mon esprit. Je veux pouvoir rêver avec l'âme en paix.
Je m'approche d'elle discrètement. Je lui tapote l'épaule afin qu'elle se retourne. Je glisse ma bouche vers la sienne avant qu'elle ne puisse réagir.
Désolé pour ce baiser volé. Il le fallait, j'en suis convaincu.
Elle me gifle violemment. Ma tête se détourne et je soupire un merci. Et m'en vais sans demander mon reste.
L'Amour a disparu, je peux revivre à nouveau...
Je cours. Mon coeur explose. Je marche. Mon âme defaille.
Je tombe. La fontaine se remet à couler. Quel est ce sentiment qui avait cessé?
Je pleure. Comment avais-je pu oublier..?
Je sombre. L'Amour...
Comment avais-je pu t'oublier?