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[nouvelle] La fin d'une famille
Section : Création littéraire
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[nouvelle] La fin d'une famille : Discussion sur le forum Création littéraire (votre edition : Faites nous partager vos écrits, poêmes et autres créations littéraires ou dessinées.)

 
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 Nouvelle La fin d'une famille
 Création littéraire : votre edition
15/12/2007, 03h35 #1
ricmimura 
Dragon

ricmimura

[nouvelle] La fin d'une famille

J'imagine que de nouvelles têtes sont apparues en création littéraire depuis le temps que je n'y suis pas venu. Bref, pour ceux que ça intéresse, voici, un nouvel écrit. Je sais que cela fait longtemps que je n'en ai pas fait, mais bon...

Je préviens tout de suite qu'habituellement quand j'écris, je suis inspiré et je le sais dès le matin que le soir-même j'écrirais quelque chose sans trop savoir quoi, ce n'est que quand j'ai fini de l'écrire que je le sais. Mais là, c'est différent, j'ignorais totalement que j'allais écrire et suis encore bouleversé de ce changement brusque mais bon, voici ce que cela donne. J'imagine que le résultat ne doit pas être le même que d'habitude. Je ne pensais pas aujourd'hui être en état de faire quelque chose!


La fin d'une famille.

I- Vie fantôme.

Un matin différent, un matin comme un autre, mais si différent.

J'ai ouvert mes yeux ce matin là avec cette sensation si habituelle aux autres matins, cette sensation de yeux pâteux, collants qui ne veulent pas s'ouvrir une fois de plus et supporter cette lumière agressive. Dans cet état second, où tous nos sens sont encore endormis et ne veulent pas se réveiller. Malheureusement, d'un geste automatique, je jette ces draps si plaisants et en même temps si étouffants. Une fois assis sur ce bord de lit que je connais trop bien. Je frissonne. On est en hiver, c'est pas si étonnant et je suis en petite tenue, ma tenue d'Adam. Je gratte ma barbe, barbe de plusieurs jours: moi si soigneux et même assez précieux par certains côtés, me voilà devenu le Robinson Crusoé des villes. J'enfile un tricot de corps, enfile un boxer et me rends jusque dans la salle de bain.

Evitant mon regard, je glisse sur le sol, faisant des gestes répétitifs mais désordonnés. La confiance a quitté ce corps, mon corps. Un corps devenu dépendant de la morosité et de la déprime, ce sentiment d'abandon et de destruction. Les cernes profondes, les joues creuses et poilues, un être en pleine dégénérescence qui aime désormais la compagnie de la dépression, sa meilleure amie.

Je roule jusque dans la cuisine, m'assieds mais ne prépare rien, manger ne sert plus à rien. La maison est grande, froide et vide. Les cris d'enfants ne sont jamais vraiment entrés dans cette maison, enfin pas vraiment, mais ils sont une absence de poids dans mon coeur. Je suis seul depuis sept mois maintenant cependant plus rien ne me redonne le goût de vivre. J'ai voulu un temps arrêter de travailler, et j'ai continué, sans motivation, sans vie, entraîné par le quotidien.

Les déchirements précédents ont été forts mais là, tout ça a été trop loin. Vie détruite, anéantie, je poursuis et laisse à mon coeur le droit de battre encore. A quoi avoir souffert tout cela si c'est pour mettre fin à mon existence. Inutile, n'est-ce pas? Alors autant lui laisser ce droit de battre tant qu'il le pourra. Les larmes m'envahissent encore et je frappe rageur sur la table. Cela ne change rien mais sur le coup, cela fait du bien, puis mal encore plus mal, encore une fois, j'ai été plus con que je ne pensais l'être, après ce coup rageur, finalement je souffre encore plus et envoie valdinguer la coupe de fruits disposée au centre de la table, enfin ça soulage et ça ne fait pas mal, mais le soulagement dure dix secondes, le temps d'entendre le verre se briser au sol et la douleur revient: "Hé mon coco, je suis toujours là!"

Je me lève tel un robot et prend une douche vêtu du tricot et du boxer, je finis tout de même par abaisser le boxer pour laver les parties intimes, et le tricot lui par contre reste en place. Après ça, je m'habille vite fait, sors et prends le métro au coin du pâté de maisons. J'ai toujours eut le contact humain malgré ma timidité, j'étais un homme jovial, heureux, rieur et curieux regardant mes contemporains, mais maintenant je suis devenu pire qu'eux, déjà qu'ils ressemblent tous à des prisonniers ou à des cerbères; à croire que je suis devenu leur chef avec pour titre, "je vous mènerais tous en Enfer", non les humains sont vraiment devenus fermés, morts, ennuyeux et déprimants. Je me demande comment cela se fait que j'ai mis tant de temps à déteindre sur eux, sans doute que je croyais être épargnés malgré les douleurs de mon enfance, les errements de mon adolescence et la reconnaissance de ma sexualité différente qui aura fait de moi un isolé avant de trouver l'Amour. Moi qui n'ai jamais baissé les bras malgré les horreurs traversées, je les ai baissés et suis devenu le pire des humains.

Je regarde dans la vitre du métro, ce regard mort éteint et ce nez cassé au milieu de la figure à cause de l'homophobie. Encore si seul le nez avait pris, ces cicatrices sur le corps qui ne s'effaceront jamais, ces dents cassées qui ne repousseront pas. Cela dit, j'ai survécu et relevé les bras malgré ça, ce n'est qu'un accident parmi les autres de ma vie, la perte de parents indignes qu'une étape qui fit mal et autres blessures.

Non, celle qui me fait mal et m'a fait baisser les bras, c'est la perte de cette famille que l'on avait composée, la seule qui eut compté finalement. J'ai tout surpassé, mais cette blessure semble irréparable. Etrange, j'ai su me défaire de la famille de sang que j'avais eue, mais pas de celle que j'ai constituée, j'ai su oublier le sang car il ne voulait pas de moi. Je me souviens que ma famille de sang a voulu mettre fin à mes jours pour que je m'excuse d'être celui que je suis. Je ne l'ai pas voulu, j'ai refusé la torture, l'humiliation, le viol et j'en passe pour dire oui à mon chemin. Chemin chaotique qui m'a conduit à une nouvelle vie qui était celle qui va être contée maintenant.

II- L'accident.

Loïc était un fils de bonne famille, de son côté, pareil, on avait mal pris la chose, mais devenu avocat, il co dirigeait le cabinet et gagnait très bien sa vie, loin de sa famille. Mûr et décidé, il savait que l'adoption serait un frein en couple, mais pour le moment, il vivait seul et pouvait se le permettre. Il a donc déposé une demande d'adoption, demande qui fut hautement validée, mais il dut attendre trois avant d'avoir enfin un fils, Mathieu.

Il l'a élevé d'abord seul, il a grandi, passant de trois ans à sept ans. L'enfant n'avait aucun souci, il vivait heureux avec son père. Il savait que son père aimait les hommes mais il savait bien que cela n'était pas la règle absolue, chacun étant libre d'aimer la personne dont il tomberait amoureux, son père le lui avait bien appris. Puis, j'arrivais dans leur vie, m'installant après deux ans d'attente enfin avec eux. Il est sûr que la chose était mal vue des habitants, mais nous étions heureux tous les trois. Moi ayant enfin un fils par l'entremise de Loïc. Bien entendu, toutes mes demandes d'adoption étaient refusées automatiquement, la justice refusant de donner deux pères à Mathieu. On était le scandale, Mathieu était moqué d'avoir deux pères, nous tentions de consoler le pauvre garçon quand il était plus touché que d'autres. Mais quel enfant ne connaît pas la moquerie dans la société d'aujourd'hui: celui-ci étant trop gros, l'un trop maigre, l'autre ayant des lunettes, l'un étant roux agrémenté de tâches de rousseur, l'autre étant pauvre et habillé de vêtements usés ayant servi au frère aîné, etc... Non Mathieu n'était pas plus touché par les moqueries qu'un autre enfant.

Et puis, la faute de qui ces moqueries, si les parents inculquaient à leurs enfants que l'embonpoint, la myopie, le fauteuil roulant, la trisomie, l'homosexualité étaient normales, la moquerie ne disparaîtrait pas, mais elle serait moindre. Enfin bon, Mathieu était tout de même heureux avec nous, il nous appréciait tous les deux. Il s'était rapidement habitué à moi et moi à lui. Nous, Loïc et moi, l'aidions à surpasser les moqueries comme tous bons parents le font.

On fêta les onze ans de Mathieu, je vivais avec eux depuis quatre ans. Le surlendemain, un chauffard grilla un feu rouge, faisant dévier un bus qui traversait et il heurta l'arrêt de bus qui se trouvait de l'autre côté de la route tuant sept piétons dont Loïc. Le jour même, alors que j'allais chercher en larmes Mathieu à l'école, deux personnes des services sociaux accompagnées d'un juge pour enfant et de deux gardiens de la paix me retirèrent devant l'école et tout le monde mes droits sur Mathieu, droits que je n'ai jamais eut que diront les offusqués, mais que moi et Mathieu prenions pour réels. Mathieu pleurait et ne comprenait pas ce qui se passait, il tendait ses bras vers moi, mais on le tenait ferme. De mon côté, j'étais abasourdi mais je tentais d'aller jusqu'à Mathieu mais les gardiens de la paix m'empoignèrent. Les parents présents ne disaient rien car beaucoup approuvaient mais n'osaient pas trop le dire, certains n'hésitaient pas en hurlant: "Vous n'avez aucun droit sur cet enfant, laissez lui une chance de se construire normalement. Si vous l'aimez, laissez lui le droit d'avoir des parents corrects." Quelques uns devaient être de mon côté, mais ils se taisaient encore plus que les autres.

On m'avait enlevé Mathieu dont les derniers mots que j'entendis furent "Papaaaaaaaaaa, je t'aime. Les laisse pas m'emmener". Je n'avais plus personne: plus Loïc, plus Mathieu. Une nouvelle famille fut donnée à Mathieu, une famille que la justice définit comme plus conventionnelle.

Qu'y avait de plus conventionnel que Monsieur et Madame Bargain! Apparemment pas moi, on m'interdit tous droits de visite, tous droits tout court sur Mathieu. Oh, je n'avais jamais eut de droits sur Mathieu mais on ne pouvait pas m'enlever de la vie de Loïc, père adoptif et donc père légal de Mathieu. Je rigolais d'amertume en pensant qu'auparavant, on m'interdisait d'avoir tous droits sur l'enfant et qu'aujourd'hui on se permette de me donner des devoirs à son égard, celui de ne pas l'approcher. En quoi la justice avait-elle pu se permettre ce changement de pratiques? Normalement en tant que citoyen on a des droits et des devoirs, mais voilà que la justice qui m'interdisait tout droit sur l'enfant jusqu'à présent me donnait des devoirs à son égard. La justice déclara que je n'étais rien pour l'enfant. Rien.

Rien...

III- Les lettres.

J'avais poursuivi ma vie, en tâchant d'espérer que Mathieu reviendrait dans cette maison, un jour ou l'autre, je ne voulais surtout pas perdre espoir. Il y en avait toujours un. J'avais suivi les recommandations du tribunal, il m'était interdit d'approcher Mathieu,je ne voulais pas qu'on me prenne pour un psychopathe qui allait récupérer son gosse en allant le voir à l'école ou autres.

Je vivais d'espoir et étais encore heureux, si on peut dire les choses ainsi. Puis ce soir où je rentrais du travail, je récupérais mon courrier. Parmi les lettres habituelles de publicité, de facture, ... une lettre m'intrigua et je l'ouvris immédiatement. Cette lettre fut la fin de l'espoir. En voici le contenu:

Cher monsieur,

Je vous écris cette lettre pour vous informer d'une chose qui s'est produite avant-hier. Je suis Madame Bargain, la mère adoptive de Mathieu Bargain, le fils de feu votre compagnon.

Mon mari et moi avons tout fait pour le laver de ses mauvaises idées dans la tête. Il voulait vivre avec vous et comme il se doit nous n'avons pas flanché. Nous lui expliquions que vous n'étiez pas un modèle de vie, qu'il risquait de vous imiter car tout enfant prend pour modèle ses parents. Il nous rétorquait que c'était faux en lançant toujours la même explication à laquelle nous ne pouvions jamais répondre, sans doute car il avait raison mais nous ne voulions pas l'admettre. Pour nous, l'homoparentalité est un scandale qu'on puisse rien que le penser, l'évoquer. Il nous répondait donc "D'accord admettons que les enfants prennent pour modèle leurs parents et donc les enfants élevés par des homosexuels le deviennent à leur tour! Mais, alors comment expliquez-vous que les homosexuels, enfants de parents hétérosexuels, choissisent la voie de l'homosexualité, ils devraient pourtant avoir pris pour modèle leurs parents. Il ne s'agit que d'amour et le coeur a ses raisons que la raison n'explique pas." Dans une voix si jeune, il est toujours surprenant d'entendre de si augustes paroles et tout en ne pouvant l'accepter, nous savions qu'il disait vrai.

Comme vous avez pu le voir, je parle de Mathieu au passé puisqu'il est mort. Il s'est suicidé en se tailladant les veines avec son cutter. Il a juste laissé un mot dans une petite enveloppe à votre attention, je vous promets que mon mari et moi ne l'avons pas ouverte. Elle est jointe au courrier.

L'enterrement aura lieu demain matin à 9 heures, l'office a lieu en l'église de Saint Martin près des halles. Je vous envoie cette lettre à l'avis contraire du tribunal qui m'avait demandée d'attendre que l'enterrement ait eu lieu pour vous avertir, mais j'ai pensé que vous aviez le droit de savoir et de venir accompagné Mathieu en sa dernière demeure.

Bien à vous,
Bargain Joséphine.

Les larmes ruisselaient sur mon visage et c'est d'une main tremblante que je retirais une petite enveloppe pliée en deux au sein de la grande. L'ouverture était déchirée dans un coin et légèrement gondolée (la vapeur d'eau chaude avait presque entièrement camoufflé le méfait). Cette confession d'un condamné m'est précieuse et je la garde toujours sur moi. En voici, les propos (j'ai retiré les ratures, les fautes, ...):

Papa,

Quand tu liras ces mots, c'est que mon coeur aura cessé de battre. A mes yeux, toute ma vie, j'ai eut deux pères aimants et gentils. Loïc m'apportait savoir, combativité et volubilité; toi, tu m'apportais logique, sportivité et réserve. Je n'avais pas de mère, mais en avais-je besoin? Je réponds non. Des femmes, des filles, j'en avais autour de moi comme tout le monde, je savais donc qu'elles existaient. Mais vous me donniez de l'amour suffisant, et je n'en ai jamais eut à me plaindre.

Bien entendu, il arrivait que je fasse des bêtises et vous me punissiez quand il fallait. Lorsque je me blessais, vous me soigniez et me réconfortiez. En quoi d'avoir un père et une mère aurait-il changé les choses? En rien. Un enfant a besoin d'amour et qu'on lui explique les choses. Vous m'aviez toujours expliquer votre cas et je l'acceptais. J'ai pu en souffrir, mais je n'étais pas le seul souffre-douleur de l'école. On était nombreux et chacun d'entre nous avions une raison d'être martyrisés. Le plus étrange est qu'il ne venait en tête d'aucun de nous, de nous unir contre les autres. Mais c'est comme ça lorsqu'on est enfant, on est assez égoïste.

Monsieur et madame Bargain ne sont pas méchants, mais ils ne seront jamais mon père et ma mère. Je souffre de ton absence, papa. Je ne comprends pas cette injustice qui nous a éloignés dans la tragédie de la mort de papa. Je n'ai même pas pu aller à son enterrement. Viens au mien, je te ferais un signe.

Je t'en prie, ne fais pas de bêtise après avoir lu ce mot. Je ne peux pas continuer à vivre loin de toi, j'en souffre trop. Le tribunal a eut tort et j'espère être un exemple pour l'avenir. J'ai mal papa sans toi, j'espère que tu comprends mon geste et me pardonnera.

Adieu papa, je t'aime.
Mathieu

IV- Rideau.

Le lendemain matin, la pluie frappait fort, l'orage grondait. Je m'étais vêtu de noir et marchait jusqu'à l'église. J'étais devenu ce fantôme que je suis encore aujourd'hui. Alors que je montais les marches du parvis de l'église, je crus buter dans quelqu'un mais en fait non, une main s'était avancée sur moi et m'avait stoppé dans mon élan.

- Non monsieur, vous n'entrez pas!
- Hein? Quoi? Mais je suis dans mon droit le plus total d'être ici.
- Non, le tribunal a instauré que vous n'aviez aucun lien avec cet enfant.
- Je me fous de ce qu'a pu dire le tribunal, aujourd'hui mon fils est mort et je me dois d'être présent à son office funèbre. Quel mal puis-je lui faire maintenant que vous l'avez tué?
- Il n'est pas votre fils et votre présence ne fera que faire souffrir sa famille.
- Mais sa famille, c'est moi, vous m'entendez! Et puis, je peux assister en tant que simple badaud.
- Non, vous avez, fut un temps été trop proche de la victime pour prétendre à ce titre et le tribunal vous a retiré tous droits de revoir ou d'approcher l'enfant. Je suis envoyé pour respecter ceci.
- Mais vous n'en avez pas le droit!
- Nous l'avons, je suis désolé pour vous, monsieur.
- Désolé? Vous êtes désolé? Alors ça, c'est la meilleure.
- Croyez-le ou non, je suis réellement navré monsieur de vous interdire cela.

Je reculais frappé, perdu, défait. Ainsi, la justice voulait imposer droits et devoirs post-mortem également. Je fis semblant de partir, et une fois éloigné, je contournais le bâtiment mais des agents étaient postés aux autres portes. Revenu à mon point de départ, je m'élançais. L'agent en faction surpris ne réagit pas tout de suite, mais m'intercepta au départ de la nef. L'assistance peu nombreuse attendait le début de la messe. En effet, il n'était encore que 8h40. Tout le monde se retourna et un homme que je reconnus comme étant monsieur Bargain s'avança et ordonna:

- Faites-moi sortir l'assassin de mon fils.
- Monsieur, tout de même, cet homme n'a point tué votre fils, répondit l'agent.
- Il suffit, faites le sortir!

Assommé par les mots et l'épuisement moral, je ne résistais pas et ne tardais plus à être dehors encadré par deux agents dans leur voiture de patrouille comme un vulgaire bandit. Puis les cloches sonnèrent le glas, l'assitance sortit précédée du cercueil porté par des inconnus. Je pensais au fond de moi, qu'il était injuste que je ne sois pas l'un de ces porteurs. La voiture de police suivit le cortège.

Encadré de trois agents, je pus assister à la cérémonie d'inhumation de loin. Je ne percevais même pas les paroles du prêtre avec le vent et la pluie. L'orage lui avait cessé. Puis la cérémonie se termina et la foule se dispersa rapidement. L'agent qui était posté à la porte principale de l'église fit partir ses hommes et me dit juste avant de s'en aller:

- Je m'excuse vraiment pour tout ça. Mais allez maintenant. La voie est libre.

Sans un mot, je me rendis jusqu'à la fosse, qu'un homme habillé de vert remplissait de terre avant qu'on n'ajoute la pierre tombale. Je demandais à l'homme de se retirer et prenant la pelle, je remplis la fosse de la terre. Une fois le travail fini. Je m'agenouillais en larmes sur le tas encore fraîchement retourné. Ecroulé, épuisé, dégoûté du dernier droit qu'on m'avait retiré, je pleurais tout ce que j'avais en moi. Me baissant, m'écroulant presque sur la terre humide. La pluie avait cessé mais je ne m'en étais même pas rendu compte. Puis une soudaine éclaircie éclaira la terre et moi-même et comme étouffé, je crus entendre:

- Papa, je t'aime!

Levant la tête, mes yeux furent éblouis, je protégeais ma main mais ne vis rien d'autre qu'une simple trouée qui avait un instant laissé les rayons passés. Avais-je rêvé la voix? Mais une chose était sûre, la trouée avait été réelle tout comme mes larmes que je verse encore.

Le rideau de pluie s'abattit de nouveau sur moi, sur ma peine et sur la certitude d'avoir été un bon père.

**************

Sortant du métro, je remontais à la surface, puis d'un pas lent, je me dirigeais sans joie jusqu'à mon bureau. Alors que je traversais la rue en courant car j'avais la flemme d'aller jusqu'au passage piéton qui se trouvait à près d'un kilomètre, je vis un jeune garçon qui venait vers moi. Un instant, je crus qu'il s'agissait de Mathieu, mais non, ce n'était pas lui. Il me dépassa, j'entendis un klaxon, des freins, des cris puis plus rien.

Le rideau de ma vie se referma sans plus aucun bruit.







J'espère ne pas décevoir mes lecteurs habituels, mais allez-y franco, dites-moi ce que vous en pensez.
Index mis à jour!

Dernière modification par ricmimura : 17/12/2007 à 16h53.
ricmimura est déconnecté(e)
15/12/2007, 04h06 #2
alton 
Archange / Walkyrie

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

si je dis " OUAH " comme commentaire cela t'étonnes ou te fait plaisir ?
Sinon, je trouve ton texte absolument génial dans le sens du " j'accuse " d'un certain Emile !

L'homophobie est une plaie au même titre que l'anti-semitisme, le racisme et en général tous les mots en -isme!
("ça m'a d'ailleurs toujours fait marrer que le peuple Juif est droit à son racisme particulier" !)

Ton texte est un plaidoyer, sans aucune équivoque possible, sur la bétise humaine qui ne jure que par cette "fausse" morale Judéo-chréthienne, qui permet de se sentir supérieur parceque l'on est hétéro plutôt qu'homo.
Mais la nature, elle, ne fait pas ce genre de distinction alors pourquoi le ferions nous !

La famille, au sens le plus large, est celle qui te guide, te donne son amour sans contrepartie ni condition, et non celle dont tu dois respecter la morale sous peine de bannissement!

La fin est atroce de mon point de vue car comment rester indifférent lorsque la bétise ( et là, j'avais un autre mot en tête) humaine est responsable de la destruction d'un bonheur parfait; grâce à l'aveuglement et l'intolérance dont nous faisons preuve envers ce qui est différent !

Je trouve malheureux que tu fasses mourir les personnages principaux de ta nouvelle même si l'on peut se poser la question de savoir s'il ne vaut pas mieux mourir que de vivre entourer par des C..s!

Le seul bémol que je trouve et c'est une surprise, qu'as tu fait de ton orthographe irréprochable ?
alton est déconnecté(e)
15/12/2007, 19h03 #3
kitchie 
Manticore

kitchie

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

Que dire sur cet écrit, tant de choses mais pas les mots pour le dire.....

Encore une fois j'aime ce que tu écris, tu as une plume magnifique, ta chute sombre et triste n'est en réalité (pour moi) qu'une facade pour dire qu'il retrouve enfin les êtres qu'il aiment.

Texte si touchant, si poignant, les émotions sont très bien retranscrites, le caractéres, la douleur du personnage aussi.

Et le theme est un sujet qui me révolte profondement aussi, alors comment pourrais-je resté insensible à ce texte.....
Je suis pour l'adoption par des parents gays et lesbiennes, ils/elles ont tout a fait le droit de fonder une famille!
Et que le personnage principal n'est pas le droit d'aller à l'enterrement de son fils (oui car je le considere comme tel ^^), est révoltant...

Ton texte est superbe, et une fois de plus j'en ai eu les larmes au yeux

(on ne se moque pas ^^')


*ba j'en ai dit des choses finalement moi*
kitchie est déconnecté(e)
16/12/2007, 16h48 #4
Uteki666 
Ombre

Uteki666

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

je trouve ta nouvelle super

ma mere ma dit de me mettre a lire je suis donc partit
en recherche de petite histoire et je sis aller sur ton poste
j'ai super trop adorée celle ci je mesuis donc m'y a cherche d'autre ecrit de ton oeuvre
j'adore vraiment se que tu fait.
J'espere voir d'autre Nouvelle de ta création
Uteki666 est déconnecté(e)
16/12/2007, 22h42 #5
Enyrevess 
Ombre

Enyrevess

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

Je ne suis pas une "lectrice habituelle" de tes écrits. Je ne me rappelle pas d'ailleurs en avoir lu...
N'empêche que cet écrit est extrêmement bon, bien que tu ne l'aies senti arriver... A voir, tu n'avais pas besoin de le prédire...
Bref. Enormément de sentiments!
L'homophobie. Encore un grand fait de société... Malheureusement c'est comme le racisme... il y aura toujours des personnes qui ne comprendront rien à la vie...
Bref. Tout cela pour dire que j'aime beaucoup ce texte, qui m'a énormément captivée. Oui c'est le cas de le dire. La lettre écrite m'a fait énormément d'effet. Brrrrr. J'en suis encore toute émue... C'est d'ailleurs ce que j'aime. Merci !! ^^
Bref. Je pense aller faire un petit tour dans ton index. Si index il y a. Evidemment.
Enyrevess est déconnecté(e) Voir une photo de Enyrevess sur son profil
17/12/2007, 16h15 #6
ricmimura 
Dragon

ricmimura

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

Merci à tous, ça fait toujours autant plaisir d'avoir de tels commentaires, c'est presque si je ne les regrettais pas. Va falloir que je me mette à jour aussi, car moi qui avait l'habitude de laisser un commentaire pour tous les écrits (enfin que les poèmes et les nouvelles, je ne lis pas les romans à chapitre car si c'est pour n'en voir jamais aucune fin, je préfère ne pas avoir la déception de commencer une lecture pour ne pas la finir, c'est assez frustrant), j'ai pris un gros retard, si ce n'est énorme.

Bon passons au remerciement personnalisé:

@ Alton: Toujours le premier à faire signe, c'est vraiment gentil de ta part de me montrer toujours aussi vite ta sympathie pour mes textes . Cela dit, tu es toujours autant dans l'exagération, je ne me vois pas comme un Emile, grand homme s'il en est un (malgré que ses romans ne soient pas du tout ma tasse de thé au passage), comparer mon modeste écrit au grand article "J'accuse" ne me serait jamais venu à l'idée car j'en suis loin, très loin ! Pour la fin, je dois te dire que c'est une mauvaise habitude que j'ai, de souvent faire mourir mes personnages, bien qu'il arrive que ce ne soit pas le cas (il y a de bons exemples parmi mes nouvelles). Je rejoins une grande partie de ton analyse tout de même. Comment ça mon orthographe irréprochable a disparu, pour cela il aurait fallu que j'ai déjà une orthographe irréprochable. Ensuite, je peux l'expliquer par le fait qu'en ce moment je suis très fatigué (pas étonnant au vu de l'heure à laquelle, je me couche; et à laquelle, je me lève). Encore merci à toi !

@ Kitchie: Il me semble que c'est le premier avis que tu me laisses sur Hyjoo, et ça me fait très plaisir . Plume magnifique? J'aurais pas dit ça. Une bonne nouvelle se doit d'avoir une chute, ensuite, il faut choisir entre la chute comique, la chute heureuse, malheureuse tragique, ou tout ce que l'on veut, pour cette nouvelle, je devais faire cette chute sombre mais en fin de compte, elle n'est pas si sombre que cela, cet homme était au bout du rouleau, sa mort est presque une délivrance et puis il rejoint les êtres aimés. La chute aurait été bien plus sombre, si le personnage s'était suicidé et puis, je ne voyais pas le protagoniste se suicider, encore Mathieu, étant un jeune enfant, dont la perte soudaine de son père (certes adoptif, mais son père quand même), la privation de son second père, le tumulte et l'affaire juridique ont traumatisé l'enfant et l'ont conduit à un geste irréparable. Mais le suicide du personnage principal à mes yeux était inconcevable de ce que je sais sur la nature de celui-ci. On ne se moquera pas, moi je pleure souvent aussi quand j'écris mes textes ! Encore merci !

@ Uteki666: Merci beaucoup à toi , je suis ravi que mes nouvelles t'aient plu, bien que je ne sache pas lesquelles tu as lu. Ca fait toujours plaisir de savoir qu'on apprécie nos écrits. En temps normal, si mon inspiration ne disparaît pas, tu devrais pouvoir voir d'autres nouvelles de moi. D'ailleurs, il va falloir que je rajoute la nouvelle du concours au sein de mon index. Merci encore !

@ Enyrevess: Merci à toi aussi , même si tu n'es pas une lectrice habituelle, tout le monde a le droit de me lire et de dire ce qu'il en pense (heureusement encore , sinon je ne posterais pas ici). Oui étrange que je n'ai pas senti l'inspiration car habituellement je ne peux pas écrire au pied levé, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, peut-être un peu de frustration ou un autre sentiment de ce genre, enfin bon, je suis ravi de voir qu'on peut apprécier sans que je ne sois inspiré. Ah, la petite lettre m'a beaucoup touché aussi quand je l'ai rédigée (merci d'y faire allusion, car je doutais un peu d'avoir été assez réaliste pour retranscrire les mots d'un enfant qui s'apprête à se donner la mort). Oui, il y a un index, et à jour en plus, j'ai oublié de mettre le lien en bas de mon texte. Merci, tout simplement !
ricmimura est déconnecté(e)
20/12/2007, 17h13 #7
Monstre gentil 
Exilé

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

On se croirait chez Drucker là avec vos remerciements à tous les étages

Moi je ne veux pas dire du bien de ce texte. D'abord ce que tu dis au départ sur la façon dont tu l'as écrit, qui t'a "bouleversé" : pour moi c'est une pose de dire ça, une pose de quelqu'un qui se prend pour un grand écrivain ou qui ne pèse pas ses mots. Boulerverser, c'est un mot hyperbolique et ici exagéré. Je pense pas que tu aies vécu une expérience à la Pessoa qui écrit coup sur coup les poèmes qui forment le Gardeur de troupeaux (à lire d'ailleurs, une poésie de la jouissance du monde, mais je ne m'étendrai pas dans ce topic).

Ca c'est une critique extérieure et générale, sur les postures que je peux voir ici, qui m'apparaissent niaises et insultantes vis-à-vis du véritable sérieux de la littérature, de la poésie, de l'écriture. On pèse ses mots quand on parle de choses sérieuses. Sur le texte en lui-même, je trouve le style vraiment plat, trivial, c'est dans l'air du temps mais est-ce qu'il faut s'en satisfaire ? Est-ce que tout ce méli-mélo est vraiment la condition nécessaire à toute littérature moderne ? Ton sujet est peut-être un peu facile, et très rabâché en ce moment, mais on peut sûrement faire quelque chose de déchirant avec ça ; or ici on a un traitement qui me semble très niais, à cause de cette ambiance de mélodrame pour adolescentes de 14 ans.

Tu as parlé de l'écriture de cette nouvelle, partie d'un jet. Et justement c'est peut-être là le problème : un style ça doit mûrir, même macérer, il faut être exigeant avec soi et cruel parfois pour arriver à quelque chose de réellement bon. La première coupe ne fait pas une statue, ni le premier coup de pinceau un tableau. Alors le premier jet d'encre, sauf dans des cas de transe qu'ont pu connaître des artistes (encore qu'il y a là aussi de la posture!), ne fait pas la littérature.
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20/12/2007, 18h08 #8
Shubi 
Déesse supérieure
Pellicule d'argent

Shubi

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

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Posté par ricmimura
Allez-y franco, dites-moi ce que vous en pensez.


D'une manière générale, j'ai vraiment eu du mal à me mettre dans le texte. Peut-être la façon d'écrire. Comme Monstre Gentil, je regretterai le fait que l'écriture " soit partie d'un jet ". Certains mots sont mals appropriés, malhabiles... J'ai hésité à continuer pour cette raison ( Qui continue au long du texte ). Ensuite, je suis assez bien entrée dans le texte, c'est à dire que ça se lisait bien, il y avait de la suite... Mais cet avis est revenu dans la dernière partie du texte...

Mais ce qui m'a le plus déçue, c'est cette histoire. Elle est sympa, j'ai beaucoup aimé la fin d'ailleurs ( Surement car je suis du genre à la faire de cette façon, de temps à temps ). Sérieusement, n'as-tu pas eu l'impression d'éxagérer la chose ? Certes, notre société est une société pourrie, il y a des jugements à chaque porte mais de la façon dont tu l'as narrée, ça donne l'impression que la société entière trouve quelque chose en chacun de ses voisins, qu'on est tous des sa*auds. u_u" Je dois surement venir de Saturne, je ne sais pas... Puis cette impression que dans ton histoire, tout le monde se retrouve homophobe... Et surtout L'Eglise, quoi ! Comme ci on se déplaçait pour ce genre de choses... Désolée de le dire mais ils ont " mieux " à faire... Puis tout de même, cette scène devant l'Ecole... u_u" Et le coup du " Puis une soudaine éclaircie éclaira la terre "... Puis Whoopi Goldberg sort de derrière un buisson et chante la BO de Sister Act ?
Il y a surement plusieurs explications: La vie difficile de gens autour de toi ( Mais là, je ne peux pas croire qu'il n'y aient que des cons homophobes en Bretagne ( ) ) ou alors, c'est moi qui aurait tendance à ouvrir trop souvent ma gueule dans ce monde de brutes...

Là, sur le coup, je me retrouve vraiment avec un mauvais arrière goût, après avoir lu ça. u_u" J'aime juste la fin, la dernière phrase. Je ne fais qu'être honnête... Ricychou m'a habituée à mieux.

Une dernière chose: Arrêtez de dire que ça fait longtemps que vous n'avez pas écrit quand votre dernier écrit remonte au mois dernier voire deux mois auparavant... Vous passez pour un con envers les personnes ne pouvant plus rien écrire depuis plus de six mois ( C'est pas attribué qu'à toi, auteur de cette nouvelle * Précision * ).

Dernière modification par Shubi : 20/12/2007 à 18h15.
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20/12/2007, 19h31 #9
ricmimura 
Dragon

ricmimura

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

Merci pour vos avis à vous aussi, il est toujours intéressant d'avoir des avis différents.

@ Monstre gentil: Pour Drucker, je ne sais pas. Je n'ai jamais regardé les émissions de Drucker, bien que par le passé, il m'est arrivé de voir un membre de famille en regarder. Pour les remerciements, je trouve cela tout à fait normal, pourquoi? Car de nos jours, les personnes prenant le temps de lire un post, un texte ou tout ce que l'on veut sont rares, il n'est dans l'obligation de personne de passer me mettre un post à chacun de mes textes, alors ils prenent le tempsde me lire et en plus de me donner leur avis alors oui je les en remercie. Ensuite tu peux te croire chez qui tu veux, ça ne m'empêchera pas de remercier les gens qui me laissent un avis.

Pour te renseigner, je ne me prends nullement pour un grand écrivain et en partant dans l'analyse des mots qu'on utilise, moi j'analyse que tu te prends pour un grand critique littéraire (bref, dans ces cas là, on s'en sort pas). Si je me prenais pour un grand écrivain, j'ignore pourquoi je ne tente pas ma chance auprès de maisons d'édition d'autant plus que je suis dans le milieu (donc ça me faciliterait la tâche, si je me prenais vraiment pour ce que tu dis)! Bouleverser est un verbe ayant diverses portées, tu y vois un sens hyperbolique comme tu le dis toi-même, mais il n'a pas que ce sens hyperbolique et donc ce que tu en dis par la suite n'est pas à-propos.

Sur ton histoire de mes postures, comme je l'ai déjà dit plus haut, si on se lance dans des analyses de chaque mot qu'on utilise chacun en tentant d'y voir ce que l'on veut voir, on ne va pas s'en sortir.

Pour l'aspect plat, développe, car je ne risque pas de tirer quelque chose de cela si je ne sais pas en quoi je suis plat et donc de progresser. Pour le côté trivial, là, je dois te dire, je m'en lave les mains, car je n'écris pas pour renouveller la littérature, je n'ai pas cette prétention, au contraire, j'écris pour moi et pour que ceux qui me lisent en tirent plaisir, du moins essayer de leur faire plaisir. Pour le côté mélodrame pour gamines, tu le vois peut-être comme cela, mais bon, je ne peux pas satisfaire tout le monde, tout comme n'importe quelle personne qui écrit ou tente d'écrire.

Je ne mûris jamais mes écrits, donc j'imagine que je te déçois, ce que je veuxdire c'est qu'habituellement j'écris alors que le matin même je sais que le soir-même j'écrirais sans pour autant savoir la nature de ce que e vais écrire. Là, je l'ignorais et je ne pensais pas être inspiré pour le faire. Pour ce qui est des artistes dont tu prétends qu'un artiste ne peut faire une statue en une, ou une peinture en un seul coup ou etc..., tu te trompes, car certains artistes le font mais il s'agit d'artistes, moi je ne suis pas un artiste.

Tu me demanderas ce que je fais là et je te répondrais que je suis là pour me faire plaisir et pas pour prétendre à une gloire quelconque, ni à démontrer mon style littéraire, je ne suis là sans aucune prétention. J'aime écrire, et en les postant, je peux enfin savoir ce qu'on pense de ce que je peux écrire car je ne montre à personne autour de moi ce que je fais. Donc une j'écris en un seul jet, mais je ne prétends pas que je fais de la grande littérature. Merci.

@ Shubi: Oui en effet, vas-y franco, sinon, je ne l'aurais pas écrit. Au risque de me répéter, j'écris toujours en un jet, même si là, le jet a été inattendu, alors que d'habitude non. Bah merci de m'avoir lu en entier au vu de ce que tu dis . Ravi que la fin t'ait plu.

Oui, je sais, j'ai exagéré le passage du tribunal qui continue à intervenir après la mort du jeune garçon, mais je n'ai pas écrit avec pour but d'être le plus réaliste.

Pour le reste ensuite, non je n'ai pas exagéré. Loin de là, mais de nos jours la majorité des français sont contre l'adoption des couples homosexuels et c'est réel, même si j'avoue que sur hyjoo, les posteurs sont plutôt pour (mais si on devait se baser sur hyjoo, si je me rappelle le vote pour l'élection présidentielle, c'est Royal qui serait présidente, donc ^^). Ensuite, devant l'école, je dis bien qu'il y a des gens de leur côté, je parle aussi du flic qui se trouve devant l'église qui est de son côté mais fait son travail, bon bref, ensuite je n'ai pas évoqué que des gens étaient autour d'eux, mais je ne voyait pas leur place dans l'écrit. Pour ce qui est de l'Eglise, je n'ai même pas évoqué son avis là dessus, ou alors, j'ai moi-même mal compris ce que j'ai écrit. Pour la scène devant l'école, c'est une scène, on ne peut plus normal quand un tribunal intervient dans la confiscation d'un enfant à une famille (homoparentale ou non). Pour l'éclaircie, comme je l'ai dit, mon texte, n'est pas là pour faire véridique, étant non croyant, cette éclaircie, n'est pas là pour faire signe de dieu, juste pour le texte, c'est tout.

Non en Bretagne, la population est comme le reste de la France en constante progression envers l'acceptation de la communauté homosexuelle, mais je ne prétends nullement que la Bretagne est liguée contre moi, et puis je n'ai jamais eut d'enfants moi, et puis j'ai pas dit que mon histoire se passait en Bretagne. Et enfin, non les gens ne sont pas tous homophobes au contraire, la majorité de la population accepte le fait de mieux en mieux, mais l'adoption homoparentale est elle encore énormément contestée.

Encore une fois, je suis ravi que la fin te plaise. Et enfin, juste pour dire que cela fait cinq mois que je n'ai rien écrit sur hyjoo. Mais encore merci !
ricmimura est déconnecté(e)
20/12/2007, 19h51 #10
Shubi 
Déesse supérieure
Pellicule d'argent

Shubi

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

Citation
Posté par ricmimura
Et enfin, juste pour dire que cela fait cinq mois que je n'ai rien écrit sur hyjoo.


Merci de rajouter " sur Hyjoo ", en effet... Parce qu'écrire, tu sais faire... u_u"
Et: " You're welcome "...
Shubi est déconnecté(e)
20/12/2007, 21h32 #11
Monstre gentil 
Exilé

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

Citation
Posté par ricmimura
s.
@ Monstre gentil: Pour Drucker, je ne sais pas. Je n'ai jamais regardé les émissions de Drucker, bien que par le passé, il m'est arrivé de voir un membre de famille en regarder. Pour les remerciements, je trouve cela tout à fait normal, pourquoi? Car de nos jours, les personnes prenant le temps de lire un post, un texte ou tout ce que l'on veut sont rares, il n'est dans l'obligation de personne de passer me mettre un post à chacun de mes textes, alors ils prenent le tempsde me lire et en plus de me donner leur avis alors oui je les en remercie. Ensuite tu peux te croire chez qui tu veux, ça ne m'empêchera pas de remercier les gens qui me laissent un avis.


C'était juste une boutade pour signaler la situation suivante dans les émissions de Drucker et autres (toute la compagnie quoi) :

- Merci à toi d'être venu
- Ah non merci à toi de m'avoir invité mon cher Michel
- Je te remercie de me remercier de t'avoir invité...
- Mais non c'est moi qui...

Citation
Pour te renseigner, je ne me prends nullement pour un grand écrivain et en partant dans l'analyse des mots qu'on utilise, moi j'analyse que tu te prends pour un grand critique littéraire (bref, dans ces cas là, on s'en sort pas).


Non. Je me place en critique, et comme c'est de la littérature, on peut dire "critique littéraire", mais je ne me place pas dans la posture du "grand critique littéraire". J'ai pas d'exemples en tête de ce qui pourrait être la posture du "grand critique littéraire"...

Citation
Bouleverser est un verbe ayant diverses portées, tu y vois un sens hyperbolique comme tu le dis toi-même, mais il n'a pas que ce sens hyperbolique et donc ce que tu en dis par la suite n'est pas à-propos.


J'ai presque envie de sortir le dictionnaire mais c'est toujours un peu jusque-boutiste... Il n'empêche qu'il y a une convention autour des mots et qu'on les emploie dans un sens commun (ou des sens communs) pour se comprendre. Surtout en prose. En l'occurence, oui, bouleverser, c'est un mot puissant, hyperbolique. On peut regarder la définition d'hyperbole aussi... j'invente pas les conventions.

Citation
Sur ton histoire de mes postures, comme je l'ai déjà dit plus haut, si on se lance dans des analyses de chaque mot qu'on utilise chacun en tentant d'y voir ce que l'on veut voir, on ne va pas s'en sortir.


Je me lance pas dans une analyse de chaque mot, je parle juste de cette manière de dire qu'on a son inspiration, que ça nous BOULEVERSE totalement d'écrire un truc d'un jet, de jouer le rôle de l'illuminé qui écrit sous la diction de l'Art allégorisé (là je pratique l'hyperbole, mais c'est pour mieux souligner ce que je veux dire).

Citation
Pour l'aspect plat, développe, car je ne risque pas de tirer quelque chose de cela si je ne sais pas en quoi je suis plat et donc de progresser. Pour le côté trivial, là, je dois te dire, je m'en lave les mains, car je n'écris pas pour renouveller la littérature, je n'ai pas cette prétention, au contraire, j'écris pour moi et pour que ceux qui me lisent en tirent plaisir, du moins essayer de leur faire plaisir. Pour le côté mélodrame pour gamines, tu le vois peut-être comme cela, mais bon, je ne peux pas satisfaire tout le monde, tout comme n'importe quelle personne qui écrit ou tente d'écrire.


Le côté plat, c'est juste le style d'une façon générale. Ce côté "sans style" jusqu'à être sans intérêt. Tout le monde aurait pu l'écrire. Si on mélange toutes tes nouvelles avec d'autres du même acabiat, rien ne me fera dire : "tiens ça c'est du rikumari". C'est dans l'air du temps car, comme l'avait vu Valéry (on lit pas assez Valéry), "tout le monde lit ce que tout le monde aurait pu écrire".
C'est trop facile sinon de dire qu'on a aucune prétention et qu'on a pas écrit "pour bien écrire", "pour être réaliste", "pour être fantaisiste", etc., les justifications s'adaptant à chaque fois à la nature du reproche et se contredisant si le besoin s'en fait sentir.

Citation
Pour ce qui est des artistes dont tu prétends qu'un artiste ne peut faire une statue en une, ou une peinture en un seul coup ou etc..., tu te trompes, car certains artistes le font mais il s'agit d'artistes, moi je ne suis pas un artiste.


N'importe quel peintre ou sculpteur, même d'une certaine prolixité, n'arrivent pas à un trait ou un cisaillement au chef-d'oeuvre, ne serait-ce que pour des raisons matérielles (j'ai jamais vu un portrait se fait, stricto sensu, en un trait). C'est le mythe de l'artiste qui possède des pouvoirs divins et que la Muse vient visiter. C'est d'une grande naïveté. Il y a au contraire tout une dignité, une grandeur morale, et un formidable éloge de l'artiste, à lui donner cette fonction d'homme sacrificiel, d'homme souffrant, lacéré d'éclairs certes, mais qu'il va reprendre continuellement. Il suffit de vouloir écrire soi-même pour le savoir, ces moments de facilité qui paraissent bons, qui s'affadissent avec l'ivresse finissante, et qu'il faut travailler de l'intérieur. Il suffit de voir Baudelaire, Cézanne, Valéry ou Mallarmé. On a pas ces témoignages chez les classiques comme Racine mais pourtant c'est la même chose. L'artiste n'est pas un dieu. C'est un homme qui observe, qui s'ouvre et qui souffre.

Citation
Tu me demanderas ce que je fais là et je te répondrais que je suis là pour me faire plaisir et pas pour prétendre à une gloire quelconque, ni à démontrer mon style littéraire, je ne suis là sans aucune prétention. J'aime écrire, et en les postant, je peux enfin savoir ce qu'on pense de ce que je peux écrire car je ne montre à personne autour de moi ce que je fais. Donc une j'écris en un seul jet, mais je ne prétends pas que je fais de la grande littérature. Merci.


C'est justement cette haine de l'élévation et cette volonté de nivellement que je déteste. On aime à rester à son petit niveau, on hait les efforts, on ne veut pas être seul dans sa misère, on veut bien rester auprès du troupeau. Il est difficile mais jouissif d'exiger mieux du monde.

J'ai une critique aussi sur des phrases arrêtées subitement par un point alors qu'elles continuent et qu'il faut donc une virgule

Dernière modification par Monstre gentil : 20/12/2007 à 21h35.
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21/12/2007, 01h03 #12
ricmimura 
Dragon

ricmimura

Re : [nouvelle] La fin d'une famille

Je vais essayer d'être bref parce que ça me fatigue là.

Citation
J'ai presque envie de sortir le dictionnaire mais c'est toujours un peu jusque-boutiste... Il n'empêche qu'il y a une convention autour des mots et qu'on les emploie dans un sens commun (ou des sens communs) pour se comprendre. Surtout en prose. En l'occurence, oui, bouleverser, c'est un mot puissant, hyperbolique. On peut regarder la définition d'hyperbole aussi... j'invente pas les conventions. Je me lance pas dans une analyse de chaque mot, je parle juste de cette manière de dire qu'on a son inspiration, que ça nous BOULEVERSE totalement d'écrire un truc d'un jet, de jouer le rôle de l'illuminé qui écrit sous la diction de l'Art allégorisé (là je pratique l'hyperbole, mais c'est pour mieux souligner ce que je veux dire).


Bon, j'ai un dictionnaire chez mo