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24/01/2008, 21h19 | #5 | | Fée
| Re : Probabilités. | | Ce texte là je l'ai écrit en cours.
"Ma vie passait, semblable à un long fleuve. Un long fleuve tranquille, sans vague et sans remous. Une vie banale et ennuyeuse. Rien ne bougeait. Les astres, cloués au ciel, semblaient me narguer. Me dire que ma vie ne servait à rien. Et je restais là, perdue dans mes pensées, mon esprit vagabondant au large, près des côtes américaines où résidaient autrefois les Peaux Rouges, près de l’Angleterre, de la France, de Paris.
Paris, cette somptueuse ville, éclairée chaque soir par des milliers de lumières. Paris où l’on s’amuse. Paris où l’on danse.
Mais Paris m’importait peu. Je n’avais pas les moyens de voyager et me contenter donc de mon imaginaire. Ma vie était peut-être ennuyeuse mais, sous mes cheveux, une tempête perpétuelle, une fête sans fin avait lieu. Je faisais 1001 voyages, chacun plus beau que le précédent. Je contrôlais tout. Tout ce tohu-bohu, cette musique infernale, ces personnes m’entourant, les eaux vertes de l’Atlantique, le monde. La vie dont j’avais toujours rêvé était-elle en train de devenir réelle ? Je n’en doutais point.
Et tous mes convives avaient vu mon changement. J’étais devenu vivante et ivre de la vie, de ses plaisirs.
Je pouvais enfin dire adieu à ce spleen, cet état mélancolique, cette morosité qui s’était éprise de moi quelque temps auparavant." | | |
26/01/2008, 13h18 | #7 | | Fée
| Re : Probabilités. | | En voilà un nouveau.
"Perdue dans mes pensées, je regardais l’heure. J’attendais. Je ne savais pas ce que j’attendais. Les seules choses sures dans cet univers instable étaient physiques. J’étais assise sur un banc. Les êtres autour de moi se dépêchaient de rentrer. Ils craignaient la neige, la pluie, le froid. J’aimais tout cela. Les flocons de neige qui tourbillonnaient avant de disparaître dans une chevelure, les gouttes de pluies qui se perdaient sur une vaste étendue verte, le froid qui engourdissait les membres. J’étais la seule à les apprécier. Et de ce fait, je restais sur ce banc, chaque soir, attendant patiemment l’averse et lorsque celle-ci arrivait, une joie exquise envahissait tout mon être. J’avais beau être trempée jusqu’au os, cela ne changerait rien. Etre seule sous la pluie, sans aucun bruit. Ne plus penser à la civilisation qui m’entourait. Et la pluie tombait, sans précipitation, sans se douter de la bêtise humaine, des conséquences des actes de ces êtres insignifiants. Car, face à la pluie, reine des cieux, reine des hommes, ils n’étaient rien. Son renouvellement demeurait sans fin, elle contrôlait la vie, elle contrôlait ma vie, elle nous contrôlait tous. " | | | Emplacement : | Utilisateurs regardant cette discussion : 0 ( membre(s) et 0 invité(s)) | | | | Rechercher dans cette discussion | | |
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