| Ombre
| Départ d'Anima | | Anima courrait vers les docks, un corps massif sur l'épaule. La fine jeune femme semblait voler tellement elle courait vite. On aurait dit qu'elle passait entre les gouttes de la pluie qui tombait ce soir, continue et monotone. Elle ne faisait strictement aucun bruit en courant, et on avait dela peine à la distinguer dans l'obscurité. Au loin, des cris et des coups de feu trahissaient des affrontements. La rougeur de flammes illuminait la nuit, on pouvait apercevoir par moment dans le ciel des formes massives survoler la ville. La guerre civile continuait, et elle était contente d'avoir fait ce choix.
Au port, un grand bateau blanc attendait, son moteur d'appoint déjà en route... D'un bond, Anima sauta sur le pont, et fonça sans un mot vers les cabines au fond de la cale, signifiant d'un geste au capitaine qu'il pouvait appareiller quand elle passa devant la cabine. Quelques ordres plus chucotés que parlés, puis les amarres furent larguées, et le bateau commença doucement son chemin vers la digue et la sortie de la rade.
Là, au fond du yacht elle posa précautionneusement son fardeau sur une stelle de marbre. Elle étendit le corps d'un homme grand, blond et visiblement très musculeux sur la pierre. Son visage était de marbre, ses yeux fermés. Elle passa une main dans les cheveux de l'autre vampire, un peu comme si elle coiffait un enfant. Elle posa un tendre baiser sur son front puis, se reculant de quelques pas, elle le regarda, la tête penchée sur le côté, un sourire léger et innocent sur les lèvres.
Elle sentait les battement du coeur du vieux vampire qui reprenaient lentement un rythme normal, il était bien en train de sortir de sa torpeur. Son coeur à elle battait également plus vite que d'habitude mais peut-être pas pour les mêmes raisons...
Elle sortit et se dirigea vers la proue du navire. Le bateau était maintenant hors du port, et la houle commençait à se faire sentir. Elle se tint là quelques minutes, laissant vagabonder ses pensées alors que ses marins goules déployaient les voiles.
Ses premières nuit dans cette ville avaient été mornes et insipides, comme ailleurs le courant des intrigues avait essayé de l'emporter, mais elle avait su tirer son épingle du jeu cette fois-ci. C'était intéressant de voir que la Camarilla et le Sabbat n'étaient en fin de compte pas si différents l'un de l'autre quand il s'agissait d'influence et de pouvoir.
Elle avait lentement placés ses pierres, avancé ses pions. Tout d'abord elle avait cambriolé toute les banques de la ville pour se générer de quoi recommencer à 0 ailleurs. Puis elle avait apporté son soutien au Prince en termes d'infiltration pour que celui-ci laisse le soin de régler le cas à un un jury populaire. Ah, elle en riait encore ! Un jury populaire ! Quoi de mieux pour enterrer une affaire que de demander à dix personnes qui ont toutes des intérêts différents, qui sont toutes rompues à la magouille et aux traffic d'influence que de faire un procès ? Le Malkave était décidément parfois très astucieux dans ses moments de lucidité !
Puis, il était arrivé... Elle s'était sentie attirée par lui au premier regard. Tant de puissance, tant d'envie de liberté, tant de fougue en un seul homme. Elle s'était sentie comme il y a quelques années de cela, alors qu'elle n'était encore qu'une jeune fille humaine... A partir de là, elle était entrée en action, et avait accéléré le jeu des intrigues, car pour elle, cela en valait maintenant la peine. Après une longue approche, elle avait pu flairer le piège auquel il avait été pris. Tout d'abord, un lien de sang avec une Sabbatique, et pas n'importe laquelle, entretenu pendant 40 ans. Puis quand elle avait commencé à retourner le lien, un autre Sabbatique l'avait Dominé pour couvrir sa Côterie. Une fois ces deux là écartés grâce aux informations soigneusement prédigérées qu'elle avait fournies au Prince, elle avait pu récupérer celui pour qui son coeur battait à présent. Entre temps, le choc psychologique avait hélas envoyé celui qu'elle aimait en torpeur, mais il avait été possible de le réveiller.
Maintenant, ils partaient ensemble profitter d'un nouveau départ sous des cieux plus cléments. Cette nuit leur appartenait, comme certainement beaucoup d'autre leur appartiendraient encore...
Souriant dans le vent, appréciant les embruns salés sur ses lèvres, elles regardait les vagues qui grossissaient au fur et à mesure que le navire et ses passagers prenaient le large. Elle murmura doucement un nom, juste pour la musique que celui-ci évoquait à son coeur : "Joshua..."
Anima |